Mém. de C estât de France soubs Charles IX, t. I, p
2. Correspondance de Walsingham, Amst., 1717, t. III, p. 116, 117.
écrits officiels, s'étaient efforcés de justifier, aux yeux de la France et de Tétranger, le massacre de Tamiral et de ses coreligionnaires, en alléguant l'existence d'un complot ourdi par lui et par eux contre la famille royale \ imaginèrent, pour fortifier leurs allégations, de faire entamer un procès. tant contre deux prétendus coupables, Briquemault * et Cavagnes ', ayant échappé au massacre, que contre l'amiral lui-même, qui en avait été le première victime. Quant à cette noble victime, peu importait que sa mort eût devancé toute recherche et toute déclaration de sa culpabilité imaginaire ; un parlement servile n'y regardait pas de si près : à l'assassin d'abord, son œuvre ; aux juges ensuite, le révoltant simulacre de la leur : telle était la volonté de la mère et du fils.
Pendant qu'on procédait à l'instruction dérisoire du monstrueux procès intenté à Coligny massacré, ses fils, François et Odet*, et leur cousin de Laval, quittaient le sol de la France, traversaient celui de T Alsace et pénétraient en Suisse avec Legresle. « Nous quittons, raconte François ', » notre maison pour nous exposer aux misères et calamités » qu'il plairoit à Dieu nous envoyer, et lesquelles depuis » nous avons endurées. Avec un valet seul nous prenons » notre chemin, qui nous fut si heureux, qu'au bout de peu de
1. Voir dans de Thon (HisL univ., t. IV, p. 626) les fortes considérations snr lesquelles s'appuyaient les esprits judicieux de Tépoque pour repousser toute idée de culpabilité chez l'amiral et ses amis.
2. Briquemault « fut arraché de i'hOtel de l'ambassadeur d'Angleterre, où il était « caché. » (Relation de l'ambassadeur vénitien Giovanni Michiel, de 1572. Trad. de M. W. Martin, p. 22.)
3. « Le roi ayant appris que deux de ses capitaines avaient, pour vingt mille M francs, caché Cavagnes, leur ordonna de le lui amener sans relard ; autrement, » dit-il en présence de beaucoup de gens, vous en répondrez sur votre tête; de » sorte qu'il fut amené immédiatement. » (Relation précitée de Giovanni Michiel p. 45.)
4. François et Odet de Coligny ne figureront plus, dans la suite du présent récit, que sous les noms de Chastillon et de d'Andelot.