Voir à V Appendice, n» 5, le texte de ces arrétSé
2. Voir à V Appendice, n® 6, ce qui est dit de l'exécution des deux arrêts du 27 octobre 1572.
de n'être jamais abandonnés par lui les soutint puissamment.
Sous rimpression des scènes hideuses qui, dans Paris, venaient d'insulter, une fois de plus, à la mémoire de l'amiral, les pensées de M"" d'Andelot et de son jeune entourage se reportèrent, avec un redoublement d'anxiété sur Jacqueline d'Entremonts, qu'ils savaient vaguement être encore confinée dans le château de Ghâtillon.
Or, comment les mois de septembre et d'octobre s'étaientils écoulés pour elle, et qu'allait-elle devenir?
L'œuvre d'iniquité avait suivi son cours à l'égard de la noble veuve.
Le grand nom qu'elle portait, sa dignité personnelle, son attachement à là cause réformée, dont elle pouvait contribuer à rallier les défenseurs, pesaient comme autant de sujets d'effroi sur les pensées de Catherine, de Charles IX et de leurs complices. Sa présence au château de Châtillon protestait, à elle seule, contre la saisie imminente des biens de son mari et contre la spoliation définitive qui la suivrait. Il devenait donc opportun d'expulser de sa demeure une telle femme, et de la reléguer, au delà des frontières, dans quelque région lointaine où, plus efficacement, peut-être, qu'en France, un régime de compression pèserait sur elle. Ordre lui fut donné par le roi de se rendre, non pas en Allemagne ou en Suisse, contrées qui, grâces aux nombreux amis qu'elle y comptait, eussent été réellement hospitalières, mais en Savoie, son pays d'origine, où on lui fit croire qu'elle trouverait un asile assuré. Or, Catherineet CharlesIX, connaissant Philibert-Emmanuel comme appartenant, sous plusieurs rapports, à la même école politique qu'eux, savaient d'avance quel déplorable accueil il réservait, dans ses Etats, à la trop confiante Jacqueline d'Entremonts.
L'infortunée veuve, dans une lettre qu'elle adressa, le
15 septembre 1572, à ce prince ', invoqua sa protection ; en réponse à cette lettre, elle reçut du gouvernement de Savoie « l'asseurance d'un bon et gracieux traitement '. » Déférant à une impitoyable injonction, partie du Louvre, elle se résignait h quitter sa demeure, quand des circonstances de force majeure lui firent différer son départ.
Ici, il faut l'entendre elle-même signalant au roi ces circonstances, dans une lettre du 32 octobre ", remarquable à un triple titre, savoir : par un inébranlable amour pour la France, par l'extrême modération avec laquelle elle parle du fils et du neveu qu'elle a été contrainte de livrer au roi, par la déférence dont est empreint son langage, vis-à-vis d'un meurtrier dans lequel elle consent à ne voir momentanément qu'un souverain.
« Sire, dit-elle, j'espère, suivant le commandement de >i Vostre Majesté, me retirer le plus tost que je pourrai chez » M"" Dantremont, ma mère, et n'eusse tant attendu, si » j'eusse esté certaine que vostre volonté eust esté telle. Je » ne vous nierai. Sire, que j'ai différé le plus qu'il m'a esté » possible, estant d'affection si entièrement françoise, que » je ne peux estimer autre païs estre ma patrie, ni autre roi » ou prince estre mon souverain seigneur; combien que je n n'aie rien sous l'obéissance de Vostre Majesté que mon en- « tière et parfaite affection de très-humble servitude. Aussi, i> Sire, que j'ai attendu d'assister à l'inventaire, afin que » l'on n'estimât que je veuille emporter quelques meubles » de cette maison ', qu'au contraire, depuis la mort de feu » monsieur l'amiral, il m'a fallu emprunterde l'argent pour