‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 28 sur 141 · Bibl. nal., mss. V« Colberl, vol. H7, f" I · texte numérisé non relu

Bibl. nal., mss. V« Colberl, vol. H7, f" I

» bonnes volontez à Tendroict de Sa Majesté et conservation » de son roïaume.

w Les asseurera tous, en général et particulier, qu'ils trou- » veront toujours Sa Majesté, sans aucune exception, le » plus affectionné prince de tous leurs voisins à leur gran- » deur et conservation.

» Et d'autant que Sadite Majesté à esté advertie que aucuns » ennemis de sa couronne, sous prétexte de l'exécution faite » contre le feu admirai de Chastillon et ses complices ont » prins occasion de vouloir persuader aux princes et répu- » bliques de l'Allemagne, et spécialement aux cantons pro- » testans desdites Ligues, que Sadite Majesté a contracte )) secrètes intelligences avec nostre saint-père le pape et le » roy catholique des Espagnols, pour l'exécution du concile \ » fera entendre à ses bons amis les sieurs des cantons pro- » testans, et semblablement aux sieurs des cantons catho- » liques, qu'il n'en est du tout rien et que Sa Majesté n'a eu » d'autre but ni intention que de se préserver, la royne sa » mère, messieurs ses frères, et ses loyaux et bons sujets, » réprimer et entrayer ces trahisons et rebellions desdits » feu admirai et ses complices, n'entendant en aucune sorte » de se mêler du gouvernement et police des Etats de ses » voisins, sinon alors que, pour leur bien et conservation, » il en sera par eux requis.

)» Visitera les cantons particulièrement, tant catholiques » que protestans, d'autant que Sa Majesté a esté advertie » qu'ils no sont hors de danger d'entrer en guerre et com-

i. « Messieurs de Berne, quant à ce qui s'est passé en France, Font trouvé fort >» estrange, et ne veulent aucunement croire que le fou admirai et ses complices » aient voulu entreprendre sur la personne du roy et royne. de messoigneurs ses » frères et du roy de Navarre; que ce n'est que une fausse imputation pour donner M main à la faction qui a esté proposée, longtemps y a, pour meclre en entière » exécution le concile de Trente, aiant opinion que le roy l'aye soubslgné. >» (Note sur les alTaires de Suisse. Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 16,011, f° 31.)

FRANÇOIS DE CHASTILLÛN. 75

» bustion entre eux, attendu les préparatifs qui se voyent et » se font journellement de part et d'autre.

» Fera toute offre de les contenir en bonne paix, union « et intelligence...

» Advisera, estant pardelà, d'admonester les sujets de Sa » Majesté de se retirer en France, et leur donnera asseurance » que, recognoissant ce qu'ils doivent envers Sadite Ma- » jesté, ils rencontreront en elle toute douceur et bon traite- » ment.

» Sçaura ce qui se pratique par lesdits François, et spé- 11 cialement pour les enfans du feu admirai de ChastiHon, et n pour le fils du feu sieur Dandelot.

» Quant au fils dudit Dandelot, le retirera près de soy, si « tant est qu'il le veuille faire, et l'asseurera qu'il trouvera '> grâce et faveur près de Sa Majesté, si tant sera que, de I) son côté, il fait ce que doibt ung bon et loyal subject.

» Pour le regard des enfans dudit admirai, avant que 11 de leur rien promettre, donnera amplement advis à Sa » Majesté de leur depportemens.

I) Il y a un nommé B,.,, qui fait une histoire latine sur 11 les mémoires dudit feu admirai : advisera de retirer ladite i> histoire et mémoires, en promettant argent pour une fois, » ou pension audit B..., ainsi qu'il verra estre à faire.

11 S'enquerra diligemment des négociations des princes 11 d'AUemaigne, mesmes des pratiques qu'ils feront avec les >i cantons protestans, qu'il advisera d'empeseher par tous » moyens, et en donnera advis à Sa Majesté.

» En somme, fera en tout ce qui pourra appartenir au » bien et advancement du service de Sadite Majesté, selon >i l'entière confiance que l'on a dt u fidélité, etc. »

Bellièvre inaugura par une activi bruyante la reprise de ses fonctions

Il commença par pousser en secret les cantons catholiques à une démonstration hostile aux réfugiés français.

Ses instigations portèrent leurs fruits. En effet, le 11 novembre i572,desdéléguésdescantonscatholiquesde Lucarne, Uri, Schwytz, Zug, Unterwalden, Fribourg et Soleure, réunis en conférence à Lucerne, décidèrent, entre autres choses, qu'il fallait aviser à l'expulsion des réfugiés français, et principalement à celle des enfants de Tamiral et de d'Andelot.

Leur décision sur ce point était catégorique : il importe d'en faire connaître la teneur. Or, si elle est à peine indiquée dans le compte rendu sommaire de la conférence du 11 novembre 1572 que renferme une collection officielle, publiée en Suisse *, elle se trouve, du moins, intégralement reproduite dans un document que possède la France *, par suite de la transmission que Bellièvre lui-même en aura très probablement faite à son gouvernement.

Ce document est intitulé : « Résolution de la journé tenue » à Lucerne par les sept cantons catholiques, le onzième jour » de novembre 1572. »

La conférence, à la suite de développements dans lesquels elle était entrée sur divers points, faisait entendre ces paroles que, sans doute, Bellièvre n'avait pas manqué de lui suggérer :

« Il seroit fort bon aussy que l'ambassadeur du roy tînt » la main et mène Sa Majesté, afin qu'elle escrivît une lettre » générale à tous les cantons, comme en vertu du traicté de » paix qu'il a avec nous. Ton advisast de chasser ses subjects » qui se seroient retirés sur leurs terres, principalement les » enfans des deffunctz admirai et d'Andelot, qui ne servent de

i. Amtliche Sammlung der altern Eidgenossischen Abscheide^ Hand 4, abtheilung 2, p. 503, n^ 405. Bern, in-4o, 1861. — Conferenz der VU Katholischen Orte. Lucem, 1572, 11 november,

Page 1