‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 30 sur 141 · Bibl. nat, mss. V« Golbert, vol. 427, f · texte numérisé non relu

Bibl. nat, mss. V« Golbert, vol. 427, f

» affaires qui se présentent maintenant. Et combien que je » peusse obtenir d'en faire sortir les enfans dudit admirai, je » ne veoy qu'il en advînt grand advantage au service du » roy. Ce seroit les contraindre de se retirer vers le palatin » ou aultres princes de l'Allemagne près lesquels ils se pour- » roient mieux dresser aux armes et aux affaires. Estant à » Basle, je ne veoy pas bonnement en quoy ilz pourroient » nuire , ne qu'ilz y puissent prendre aultre institution que » celle que gens de peu d'entendement et qui n'ont aulcun » manyement d'affaires leur peuvent donner'. Siadviseraî-je, » avant mon partement de ces Ligues j à tout ce qui concerne » le service du roy et m*y employeray loyaument, selon le » peu de capacité que Dieu m'a donné.

» Madame, j'ay aussi receu vostre lettre au sieur de Vau- » cluse, et veu ce que me commandez de m'ayder de luy, » afin de pouvoir tant mieux contenir les affaires, tant au » canton de Berne que ailleurs où il a de bons parens et » amys ; ce qu'est vray, madame, et cognois le bon vouloir » dudit sieur de Vaucluse, lequel, à son arrivée de France, » fait fort bon debvoir en son canton, et eut plusieurs grosses » querelles pour le service du roy. Il est maintenant en Bour- » gogne. Je voudrois qu'il fût icy pour m'ayder.

» Mais, madame, j'ay trop plus besoin de la bonne ayde » de Vostre Majesté, à ce que, après un si long et si labo- » rieux service es plus importans et hazardeux affaires qui » ayent esté depuis dix ans hors le royaume, je ne demeure » tousjours le plus pauvre et le plus misérable de tous vos » serviteurs. Madame, si j'avois mal servy, Vostre Majesté

1. Il faut noter ici que ces mêmes Bâiois, si dédaigneusement qualiûés par Bellièvre tt de gens de peu d'entendement et n'ayant aucun manyement d'affaires », devenaient, de sa part, dès qu'il avait besoin d'eux dans l'exercice de ses fonctions, l'objet de mensongères protestations d'amitié et de dévouement. Voir à cet égard» notamment une letti^ de lui au bourgmestre et au conseil de Bâie, du 23 décembre 1573. (Archives de Bâle.)

« me debvroit haïr plus que nul autre, aïant esté par son » jugement employé au service du roy. Mais, madame, si " j'^y soutenu les affaires de la couronne autant et plus w peult-estre que tous ceux qui, depuis la guerre dernière, » ont servi dehors, je supplie très-humblement vostre bonté » qu'il luy plaise avoir égard à mes fidèles services, à la longue » actente et à ma nécessité. »

Le 10 janvier 1573, Catherine répondit à Bellièvre ' :

«... Tenez en suspens la levée des six mille Suisses; ce » qui sera fort à propos pour le bien du service du roy, i> monsieur mon fils, auquel je ne voy pas que peut beau- » coup servir l'instance que vous pourrez faire de faire i> sortir les enfans de l'admirai et d'Andelot hors de Basie, » d'aultant que ce seroit les contraindre de se retirer es '» terres du comte palatin, où ils pourroîent prendre plus » mauvaise nourriture que là où ils sont à ceste heure. De » quoy, toutefois, je vous prie d'user ainsi qu'estant sur le » lieu, vous sçaurez saigement juger estre à faire pour le » mieux et pour servir à l'intention du roy mondit sieur et » ûls qui voua est assez congneue. Au surplus, monsieur de » Bellièvre, je sçay quels sont vos mérites et les grands et « dignes services que vous avez faicts au roy mondit sieur et » fils et à ceste couronne, et vous pouvez asseurer que je » seray tousjours celle qui aydera le plus volontiers à vous 1) en faire récompense. »

Abandonné ainsi à lui-même, quant à un parti à prendre à l'égard des enfants de Coligny et de d'Andelot, Bellièvre se résigna à ne pas provoquer une expulsion dont les conséquences éventuelles étaient envisagées comme dangereuses par Catherine elle-même, aussi bien que

Essaya-t^il, du moins, conformémer

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