Voir à l'Appendice, n» 18, le texle de ce
et sur son enfant. Or, on ne sait que trop ce qu^étaient, au contraire, le prétendu respect du duc pour la conscience de sa prisonnière, son prétendu désintéressement et sa prétendue bienveillance.
La situation angoissante de madame Tamirale était pour Louise de Goligny, pour ses frères, ainsi que pour M"' d'Andelot et ses enfants , l'objet de préoccupations d'autant plus vives qu'elle contrastait plus fortement avec la protection dont ils jouissaient en Suisse, et avec le calme qui y était assuré à leur existence.
Quelque favorable que fut pour eux le séjour de Bâle , Ghastillon, son frère et de Laval n'en avaient pas moins l'intention de retourner à Berne, où les attirait le souvenir de la bienveillance toute spéciale qu'on leur y avait témoignée, et où ils désiraient se fixer. Ayant, à cet effet, écrit à l'avoyer et au conseil de cette ville, ils avaient reçu de ce fonctionnaire et du conseil, en janvier 1573, la lettre suivante ^ :
« Nobles, généreulx, très-singuliers et grands amys, pour » responce de voz lettres par lesquelles nous priez de vou- » loir continuer nostre bonne volonté envers vous et de vous » recepvoir de rechef en nostre protection et saulve-garde, » vous advertissons, ores que ne vouldrions en rien dimi- » nuer de la bonne affection que portons à tous souffreteux » et désolez, singulièrement à vostre endroict, pour le regard » de vostre grandeur et noble progéniture, si est-ce que, » se présentanz quelques accidentz à raison desquels serions » en doubte que, se représentanz voz personnes par deçà, » nous pourroyent engendrer quelque difficulté et recule- » ment au progrès de certaine affaire nostre d'importance, » dont sçavons que vos seigneuries, cela advenant, seroient
1. Arcbives de Berne, Weltsche minsiven Buch, \ol. £, f» 359. — Raths manual der Stadt Bem, n^ 384, fo 43, 23 janvier 1573. — Chronique manuscrite de Sieltier, aun. 1573, f» 81. Arctiives de Berne.
FRANÇOIS DE GHASTILLON. 119
» bien marries; à ceste cause et aultres bons respects, vous » prions bien affectueusement qu'il vous plaise différer » vostredite venue et retour de par deçà jusques à millieure » commodité, èstantz au reste bien enclins et délibérez de » vous faire tous plaisirs et services à nous possibles, d'aussi » bon cœur comme prions le Créateur, nobles, de vous » tenir en sa saincte et très-digne garde. »
Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis Tenvoi de cette réponse devant laquelle les fils et le neveu de l'amiral n'avaient pas manqué de s'incliner avec une discrète déférence, lorsque, se croyant désormais autorisés par les circonstancs à renouveler l'expression de leur désir, ils s'adres- ' sèrent, le 6 septembre, à l'avoyeretau conseil, en ces termes* : « Nobles, magnifiques et puissans seigneurs, nous avons » une telle asseurance en la bonne volonté qu'il vous a pieu » tousjours nous démonstrer, que vous nous ferés cette » faveur, si vous plaist, de la conformer au désir que nous » avons toujours eu de nous retirer en vostre ville, duquel » vous peuvent rendre assez de témoignage les instantes et » affectionnées prières que nous vous en avons faictes cy- » devant, ausquelles nous savons que, pour quelques justeè » co'nsidérations, vous différastes lors de satisfaire, remec- » tantl'effectdenostreprière jusques à quelque temps. Nous » ne vous dirons point, magnifiques seigneurs, sur quoy est » fondé nostre désir, pour ce que les occasions en sont assez » manifestes, non-seulement à vous, mais à tous ceux qui » sçavent les démonstrations que vous nous avez faictes de » vostre amitié. Nous vous supplions donc, nos seigneurs, » de vouloir favoriser ceste nostre affection particulière » que nous avons toujours eue de faire élection de nostre » demeure en vostre ville, et croyre que nous tiendrons et