‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 56 sur 141 · S2 FRANÇOIS DE CHASTILLON · texte numérisé non relu

S2 FRANÇOIS DE CHASTILLON

» d'aller parler à elle, pour ne mectre en jalousie monsei- » gneur le prince de Condo, nostre général, tous nos con- » fédérez et tant de gens de bien unis à ceste cause, bien » que, sur vostre parole, madame, je ne fasse nulle diffi- » culte d'aller jusques au bout du monde; mais où ma foy M est engagée pour le service du roy et de sa couronne, je » vous supplieray très-humblement m'excuser si je n'y vais » comme elle désire ; et, attendu que nous nous assemblons » pour traicter des choses qui généralement concernent le )> roy, sadite couronne et sadite conservation, s'il plaist k » Vostre Majesté, madame, nous faire tant d'honneur dVn- » voyer tclz personnages non suspectz que bon luy semblera » jusques en ceste ville, avec sommation des conditions par » lesquelles elle vcult parvenir à ladite paix, nous leur » envoyons bonne asseurance, et serons très-enclins d'en » entendre leurs raisons, de manière que Vostre Majesté » n'aura argument de se plaindre de nous ny de penser que » nous ayons les cœurs en autre part qu'à luy rendre la )) très-humble subjection et fidèle debvoir que luy avons » (voué). De mon costé, ainsy que luy ay toujours asseuré, » j'y feray tout ce qui sera à moy et qu'elle pourra espérer » du plus obligé, fidèle subject et serviteur qu'elle ayt en ce » monde. »

Ainsi s'exprimait Damville, non avec Ja fermeté de langage qui seule eût été digne* d'un loyal allié des réformés français, mais avec l'obséquiosité calculée d'un courtisan préoccupé, dans son égoïsme, de se ménager, à tout événement, les bonnes grâces d'une femme telle que la reine mère.

Il y avait loin de l'ambiguïté de son attitude à la netteté et à la spontanéité de celle de son jeune cousin Ghastillon, qui, non moins résolu que sincère dans le parti qu'il avait pris de rentrer en France pour y seconder ses coreligion-

naîres, devait, au milieu des graves événements auxquels il allait être mêlé, faire preuve d'une constante droiture de langage et d'action, et d'un dévouement sans bornes à la cause qu'il venait d'embrasser.

Voyons maintenant à l'œuvre ce noble fils de Coligny.

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