D'Aubigné, Uist. univ., t. I, liv, V, chap. IX
FRANÇOIS DE CHASTILLON. ib
de Médicis, dans Tivresse d'une haine assouvie, osa glorifier le forfait, en s'écriant : « La nouvelle de la mort de d'Ande- » lot nous a fort resjouys... j'espère que Dieu fera aux » autres, à la fin, recevoir le traitement qu'ils méritent'! »
Au milieu de leurs études et de leurs occupations quotidiennes, les enfants de l'amiral, toujours avides d'informations relatives à leur père, dont l'absence leur pesait singulièrement, ne tardèrent pas à apprendre qu'il avait recueilli le dernier soupir de leur oncle d'Andelot, et qu'il voulait que sa dépouille mortelle fût transportée à La Rochelle, où les honneurs suprêmes lui seraient rendus. La jeune famille tressaillit alors d'émotion et demeura dans une respectueuse attente de la solennité qui se préparait.
Goligny ne pouvant quitter Saintes, à raison des divers devoirs qui l'y retenaient, Jeanne d'Albret eut à cœur de le remplacer; aussi, lorsque le convoi funèbre arriva à La Rochelle, vit-on cette femme éminente prendre, au double titre de reine et d'amie, la tête du cortège qui s'y forma, et accompagner le cercueil du héros jusqu'au lieu de sa sépulture *.
L'amiral devenait, par la mort de son frère, le second père des enfants de celui-ci, et l'appui d'Anne de Salm, sa veuve.
Ce ne fut pas assez pour lui que de confondre son immense douleur avec celle de cette sœur si digne de sympathie, dans son veuvage, à laquelle l'attachaient les liens d'une étroite affection et d'une confiance sans bornes; il voulut, en outre, dès les premiers jours qui suivirent la mort de d'Andelot, épancher son cœur dans celui de ses fils et des enfants que ce bien-aimé frère lui avait laissés; aussi,
1. Lettre du 19 mai 1569 à Forquevaux, ambassadeur de France en Espagne. (Bibl. nat., mss. I. fr., vol. 10,752, f» 232.)