Arcère, Hist, de La Rochelle, t. I, p
leur écrivit-il, de Saintes, le 18 mai*, sans oublier d'ailleurs ni Louise, ni Renée, dans les effusions de sa tendresse paternelle :
« Encore que je ne doubte point que la mort de mon » frère d'Andelot ne vous ayt apporté beaucoup d'afflictions, » j'ay pensé toutefois de vous advertir que vous estes heu- » reux d'estre fils ou nepveux d'un si grand personnage, » que j'ose asseurer avoir esté très-fidèle serviteur de Dieu » et très-excellent et renommé capitaine ; qui sont vertus » dont la mémoire et l'exemple vous doibvent estre tou- » jours devant les yeux, pour les imiter autant qu'il vous » sera possible ; et puis dire avec vérité que personne, en » France, ne l'a surpassé en la profession des armes ; ne » doubtant point que les estrangers ne luy rendent ce » mesmc témoignage, surtout ceux qui ont autrefois éprouvé » sa valeur. Or, il ne s'estoit pas acquis une si haute répu- » tation par fainéantise ou par oisiveté, mais par de très- » grands travaux qu'il avait soufferts pour sa patrie. Et cer- » tes je n'ai point connu d'homme ny plus équitable, ny » plus amateur de piété envers Dieu. Je n'ignore pas aussi » qu'il ne me sera pas bienséant de publier ses louanges » aux étrangers; mais je vous les présente plus librement, » pour vous inciter et aiguillonner à l'imitation de si grandes » vertus, que je me propose moy-mesme pour exemple ; » suppliant très-humblement Dieu et Nostre-Seigneur, que » je puisse partir de cette vie aussi pieusement et heureuse- » ment que je l'ay veu mourir. Et d'autant que je le » regrette, dans un extrême ressentiment, je vous demande, » pour tempérament à ma douleur, que je puisse voir reluire » et revivre en vous ses vertus, et, pour cet effet, de vous » adonner de tout votre cœur à la piété et à la religion, et