‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 62 sur 141 · Chronique bernoise de Haller et Musselln · texte numérisé non relu

Chronique bernoise de Haller et Musselln

2. Voir, sur les derniers mois du séjour de M""« de Téligny à Berne, VAppendice^ no 29.

3. « Charles, ills de Gaspard de Coligny, qui étoit resté prisonnier dans Notre- » Dame-de-la-Garde, de Marseille, pendant trois ans, fut remis au baron de Meuillon » vers le 31 mai 1576. » (Perussis, Hist. des guerres du comtat venaissin^ de Provence, de Languedoc^ etc., ap. Aubals, Pièces fugitives, t. I, p. i88, 332.) — Voir, sur Pierre Bon, originaire d'Avignon, baron de Meuillon, chevalier de Tordre, capitaine de galères, gouverneur de Marseille, 1» Perussis, ap. Aubaïs, toc. cit., t. I, p. 2H; 2° Brantôme, édit. L. Lai., t. IV, p. 159.

qu'un peu plus tard qu'il put être réuni à ses' deux frères.

Durant les premiers mois qui suivirent la paix de Monsieur^ rien ne changea dans les rapports, du reste peu étroits, de Ghastillon avec Damville, qui se maintinrent sur le pied d'une complète déférence du subordonné à Tégard de son chef. Le premier se trouva avec le second, ainsi qu'avec Thoré, en juin, à Montpellier*, et en août, à Villeneuve'; puis il quitta le maréchal, pour accompagner en Provence Dumas de Castellane ' et d'Oraison \

De retour, en novembre, auprès de Damville, Ghastillon commença à démêler en ce chef, dont jusqu'alors il ne s'était point déûé, les tendances et les allures d'un ambitieux courtisan, beaucoup moins occupé des intérêts des confédérés que de ses intérêts personnels. Il le vit enfm passer du refroidissement pour la cause de ceux dont il se disait naguère le protecteur à une hostilité réelle contre eux, dès qu'il eut, pour prix de sa servilité envers la cour, obtenu d'être confirmé dans le gouvernement du Languedoc, où il entendait agir en maître ".

i . « Le 14 juin 1576, le maréchal de Damville étoit à Montpellier avec M. de Thoré» » son frère, et Ghastillon, son cousin. » (Anbaïs, Pièces fugitives, t. I, p. 189.)

2. « Au commencement d'août 1576, le baron de La Garde aniva à Avignon, et, » le 2 de ce mois, le maréchal de Damville à Villeneuve. Ijq 3, le cardinal Viller- » laire et un grand cortège furent voir le maréchal. Le même jour, la maréchale » dîna et soupa dans le palais avec le cardinal, Thoré, son bcau-frèi'e, Chaslillon, » son cousin, M™» de Saint-Koiiiain et autres. » (Ferussis, ap. Aubaïs, Pièces futjiiivesy t. I, p. 190.)

3. Nicolas du Mas de Castellane, baron d'All^magne, be^iu-frère de Lisle, qui signa les lettres adressées au parlement de Grenoble par les principaux capitaines protestants du Dauphiné, dans l'espoir de sauver MoDtbmn dont llenri 111 voulait la tète. (Hang, France protestante, 2» édit., v*» Allemagne, col. 144.) La localité qui porte, en Provence, le nom d'AHetnagne serait plus exactement désignée seus celui ù'AUemogne (Alimonia.)

4. » En novembre 1576, Ghastillon revenant d'Allemagne accompagna, en Provence^ » les barons d'Allemagne et d'Oraison, et alla joindre le maréchal Damville en » Languedoc. » (Pemssis, ap. Aubaïs, Pièces fugitives, 1 1, p. 194.)

5. Voir sur la défection de Damville les Mémoires de J, Garhes, mss., lor, nY., fo« 245, 246, 2i7, 2i8, 2i9. - Do son côté P. do l'Kstoile dit : «. Kn co temps (1577k

Gomme Damville, le duc d'Alençon s*éleva contre ses alliés de la veille ; et ces deux contempteurs d'engagements solennellement contractés trouvèrent à la lâcheté de leur défection un point d'appui dans l'intolérance et les déclamations furibondes des états généraux assemblés à Blois.

Cette double défection ulcéra le loyal cœur de Ghastillon; mais loin d'altérer un seul instant sa fidélité à la cause qu'il servait, elle ne fit que l'affermir. Inébranlable dans ses convictions et dans son dévouement, le fils de Goligny allait enseigner à un maréchal de France et à un prince du sang, déviant tous deux de la droite voie, ce que sont et ce que peuvent, dans leur stabilité, au milieu des plus terribles conflits, la foi chrétienne, l'honneur et le patriotisme.

Des deux parts, on eut recours aux armes ; le Languedoc et la Guyenne furent en feu.

Le roi de Navarre et Gondé, seuls chefs désormais des confédérés, mais, chefs dignes de toute confiance, imposèrent à leurs adversaires par la fermeté de leur attitude.

Gelle de Ghastillon ne fut alors ni moins résolue, ni moins efficace. L'estime qu'avaient conçue pour lui les confédérés des deux religions était telle, que, le 17 mars 1577, il fut appelé à l'honneur de présider, avec Saint-Romain, à Montpellier, une assemblée ayant pour but de resserrer les liens de l'union entre les réformés et les catholiques paisibles \

A quelque temps de là, Ghastillon reçut des confédérés une nouvelle marque d'estime, à laquelle il répondit par une série d'exploits qui révélèrent en lui, à un haut degré, les rares qualités d'un capitaine consommé, à savoir la

» messire Henry de Montmorency, mareschalde France, seigneur Dampville, toarna » sa robe, et, se joignant pour le service du roy avec M. de Joïeuse, donna le gast » au pays de Languedoc, aux environs des villes rebelles, en la faveur du roy, » dont les communes du pays, tout estonnées, se mutinèrent. » (Mém.^ édit. de 1875 1 t. I, p. 189.)

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