Mémoires^ l, II, p
Ce nouvel édit n'eut d'autre portée que d'établir, entre les partis qui étaient aux prises, une sorte de trêve, sur la fragilité de laquelle Ghastillon ne s'abusa nullement.
A cette occasion, le roi de Navarre lui écrivit de Coutras, le 4 décembre 1580 * : « Vous entendrez par le sieur de Beau- » champ comme la paix a esté faicte et accordée, les occa- » sions qui m'ont meu et incité à y entendre, et les nécessitez » qui m'ont comme forcé à l'accepter. Je l'en ay bien au » long instruit, et m'en rapporteray à sa suffisance, estant » asseuré qu'il les vous représentera fidèlement. Il ne reste » plus que, puisque Dieu nous l'a donnée, nous la recevions » tous et la mettions en exécution et la maintenions de tout » nostre possible. Je m'asseure que vous ferez vostre debi) voir, sçaichant combien vous aimez la concorde ; mais je » vous prie y vouloir disposer les cœurs de ceux de vostre » province et les églises, à ce que, par nostre faulte, nous » ne retombions aux inconvéniens passez. Quand il vous » plaira, je serai toujours très-aise que vous me veniez voir, » comme vous le mandez, et m'esforceray de vous ratifier de » bouche et avec tout le meilleur recueil qu'il me sera pos- » sible, que vous estes l'ung de tous mes parens et amys à » qui je veulx faire paroistre autant d'amitié et bonne afîec- » tion. »
Henri de Navarre donnait une preuve de sa bonne afTection pour Ghastillon, en écrivant, vers la même époque, au frère du roi ' : « Monsieur, encores qu'il vous ait pieu me » donner plusieurs fois asseurance que vous vous rendrez » intercesseur envers le roy pour les affaires de mon cousin » M. de Ghastillon, me confiant en vos très-véritables pro- » messes, j'ay bien voulu rendre cet office à mondit cousin, » par le sieur Gonstant, que je vous envoyé exprès, pour