‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 74 sur 141 · Rec. des lettres missives de Henri /K, t. 1, p · texte numérisé non relu

Rec. des lettres missives de Henri /K, t. 1, p

2. Lettre du 13 janvier 1581. (Rec. des lettres missives de Henri IV, 1. 1, p. 348.)

» VOUS supplier très- humblement vous en ressouvenir et » vouloir, par le premier gentilhomme qu'envoyerez à la » cour, faire la dépesche expresse pour obtenir ce que nous » advisasmes, à Coutras, ensemble. Ce luy sera moyen de M continuer le très-humble service qu'il vous a voué ; et, luy » donnant ce contentement, il aura plus d'occasion de s'em- » ployer à l'establissement de la paix auquel il peut gran- » dément servir, que s'il se voit tant mépridé que l'on ne » veuille mettre en considération les remonstrances et los

» justes demandes qu'il fait En le contentant, on pour-

» roit tirer du fruict de beaucoup de belles parties qui sont » en luy, etc., etc. »

L'année 1580 ne se termina pas, pour Chastillon, sans une profonde dauleur, celle de voir enlevé à son affection celui de ses deux frères dont les sentiments se rapprochaient le plus de ses propres sentiments. En perdant d'Andelot, il perdit un autre lui-même. Le roi de Navarre le savait : aussi, ne put-il mieux s'associer à l'affliction et aux regrets de Chastillon, qu'en lui parlant de son jeune frère avec l'émotion d'un cœur vivement atteint lui-même par le fait poignant d'une mort prématurée qui, pour tous, était un sujet de deuil. « Mon cousin, lui écrivit-il *, je vous » puis asseurer que j'ay porté un extrême regret en la mort » ^e feu M. d'Andelot, vostre frère, et tel que je ne pouvoîs » perdre, en ce temps, aulcun de mes parens et amys de qui » la perte me fust guères plus grande. Je le regrette pour » le mérite qui estoit en luy et la belle espérance qu'il don- » noit, pour sa vertu et valeur. Et la perte mienne est pour » l'affection et fidélité que j'estois asseuré qu'il avoit en ce » qui me touchoit et l'envie qu'il avoit de me le faire parois- » tre en quelque belle occasion. Mais, puisque nous ne pou-

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