‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 82 sur 141 · Mém. et corresp, de Marnai/ , 1624, in-4°, t. I, p · texte numérisé non relu

Mém. et corresp, de Marnai/ , 1624, in-4°, t. I, p

230 FRANÇOIS DE GHASTILLON.

» sonne. En iceluy entrent M. de Rohan, M. de Chastillon, » les sieurs de Glervant et Duplessis *. De ce conseil sont » aussi M. de Laval, M. de Turenne, M. de Lanoue. »

Que de questions, les unes religieuses, les autres politiques ou militaires, agitées alors dans le conseil du roi de Navarre, et quelle vigueur déployée dans l'exécution des résolutions prises !

Aux manifestes des ligueurs et de Henri III, leur servile complice , répond une déclaration signée par le roi de Navarre, le prince de Condé,'lo duc de Montmorency, ot aussitôt rendue publique en France et à l'étranger. Une bulle d'excommunication que le pape a fulminée contre ce même roi et ce même prince est tenue en échec, en attendant qu'elle tombe en discrédit, par un appel dont l'altier et viril libellé est placardé aux portes mêmes du Vatican et bientôt connu de l'Europe entière.

Des négociateurs sont envoyés en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, pour y concilier aux réformés français un appui efficace.

Des écrits et des négociations le roi de Navarre passe à l'action. Les armes à la main, il s'affermit d'abord en Languedoc, contient une partie de la Guyenne, et s'étend rapidement sur divers points du Dauphiné, de la Saintonge et

du Poitou.

Loin de chercher prématurément à transporter en d'autres parties de la France le théâtre de la lutte, il s'attache sur-

1. Vers celle époque, le judicieux de Lanoue écrivait à Duplessls-Mornay : «< Je » prends bien plaisir de ce qu'estes près de celuy qui a besoin d'un monsieur Du- » plessis, alîn qu'en ceste très-périlleuse navigation il luy monstre les écueils du M monde pour les éviter. Servez-luy de Sénèque et de Burrhus tout ensemble, afln » que nous voyons en iuy la personne d'un Titus. Mais j'ai grand'peur qu'au- » paravant il conviendra qu'il joue le personnage d'un César en quelques choses. » Vous estes maintenant en de durs exercices, tant privez que publics, où je sçay » bien qu'on fait ce qu'on peut et non ce qu'on veut, et que bien souvent les amis » affligent autant que les ennemis tourmenlent. Mais c'est là que les vertus s'ac- » croissent et s'affinent. » {Mém, et corresp. de Ph. de Momaij, 1624, in-i<>, 1. 1, p. 459.)

tout à consolider sa position dans les régions do Hidi et à s'y rendre inexpugnable.

C'est alors que, pour tenir sous sa main, par la ferme intervention de l'un de ses meilleurs lieutenants, une contrée que les ligueurs menacent fortement, il appelle Chastillon au gouvernement du Rouergue.

Ecoutons en quels termes ' il l'investit de sa grave mission :

« Henry, par la grâce de Dieu, roy de Navarre, premier " prince du sang et premier pair de France, gouverneur et ■> lieutenant- générât en Guyenne, à nostre très-cher et amé X cousin le sieur de Chastillon, salut!

» Comme il soit très-requis et nécessaire de pourvoir à •> la conservation et seureté des provinces de nosti'e gouvcr- •- nement, et notamment au pays de Rouergue et des villes •> et places qui tiennent, en iceluy, pour le juste party que » nous soustenons, et obvier aux dpsordres qui y pourroient » advenir, à ce qu'elles ne puissent tomber en inconvénient » et danger de surprises par ceux qui se sont eslevez en ce Il royaume contre la propre personne du roy mon seigneur, )• et qui retiennent encore leurs armes injustes, sous pré- « texte de l'exécution des cruels édits qu'ils ont extorquez " de Sa Majesté, tendant néantmoins à l'usurpation de cet » Estât, à la ruine d'iceluy et des princes du sang, maison ■- et couronne de France, et que, pour cet effet, il soit besoin >• de commettre et députer personnage de vertu, mérite et » qualité requise, qui puisse dignement et fidèlement s'ac- » quitter de cette charge.

» Pour ces causes, et ne pouvant faire meilleur choix et ■1 élection, po >' sens, suffisi

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