L.V NOUE ET LES CIIASTILLON
Origine et éducation de Fr. (le la Noue. — Premières années. — (.Campagnes de Picardie et de Piémont. — Voyage de d'Andelot en Bretagne. La Noue se convertit au calvinisme. — Voyage d'Ecosse. — Premiers troubles. L'armée protestante. Coligny, d'Andelot, Condé. — Jarnac et Moncontour. — La Noue et Jeanne d'Albret. Siège de Fontenay, le Bras de Fer. — Négociations relatives au mariage de Jlenri de Béarn et à la révolte des Flandres. — Marguerite de Téligny.
François de la Noue naquit en 1531, dans quelque manoir de Bretagne, probablement de la Bretagne au sud de la Loire, et, selon toute vraisemblance, dans le château de la Noue, près de Fresnay-en- Retz (1). 11 descendait d'une modeste, mais très ancienne famille, qui tirait précisément son nom de
(1) îl. l'archiviste de la I.oire-Inférieure nous a fait savoir que sou dépôt ne contenait rien d'iinportant sur les la Noue.
cette terre (1). Ce nom se retrouve très fréquemment dans le nobiliaire et dans la géographie de l'Ouest de la France, ce qui n'est pas sans jeter quelque obscurité sur les origines de notre héros (2).
Pourtant on croit voir la famille de la Noue-en- Fresnay apparaître dès le xi" siècle dans la personne de Vivant et de Salomon de la Noue (3). Au xii^ siècle, un Guillaume de la Noue passe pour avoir pris part au légendaire combat des Douze. On dit même que c'est lui qui, resté seul vivant à la fin de la journée, assura la victoire au parti français. Au xiv% c'est un Gilles de la Noue qui est écujer de du Guesclin. La branche aînée s'éteint vers 1453 en la personne de Jeanne de la Noue, dont les biens passent à son cousin Maurice. Dès le xii" siècle, les la Noue étaient chevaliers, écuyers, varlets; on leur donnait les titres de noble homme, de monseigneur, de messire. A la fin du xv* siècle, ils sont « nobles, hauts et puissants seigneurs », ils contractent alliance avec les plus grandes familles.
Le grand-père du Bras de Fer, Jean-François, qui prit part aux guerres d'Italie et mourut en 1547,
(1) Sur les origines de la îs'oue, voy. Amirault, p. 1, très peu explicite malgré les renseignements qu'il devait tenir de la famille même, — et de Poli, Précis généalogique. Ce dernier a dépouillé tout ce qui concerne cette famille au Cabinet des Titres et dans les collections généalogiques.
(2) On rencontre dans cette région une foule de familles portant les noms de la Noue, la Noë, la Nus, la Nude, la Nohe, la Nouhe, la Noy. U arrive parfois aux contemporains d'employer abusivement les dernières de ces formes pour désigner le Bras de Fer. Ces noms indiquent une dépression humide.
(3) C'est du moins (bien que ces deux personnages aient vécu en Anjou) l'opinion d'O. de Poli, qui se fonde, pour les rattacher à notre famille, sur le prénom tout breton de Salomon.