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adversaires, et môme (lu'il no me souvient plus de mon frère de lait et d'armes le sieur de Télig'ny, et que :\ présent je cliorcho à me sauver et retirer es jjràces des princes et faire mon prolit de la ruine de tous ; sur lesquels reproches j'apelerai Dieu devant vous à témoin, et par luy vous juroray que je n'y ai pensé, le priant qu'il m'envoye plutôt la mort. Mais obéissant aux justes et très démens commandemens du Roy, j'ay entrepris cette charg-e, et pour la pitié que me fait cette ville, mère commune de tant de gens de bien quiy ont trouvé leur refuge et sécurité au temps des très cruelles guerres, et voyant qu'elle ne peut fuir un grand massacre, pour les forces qui se présentent contre elle. »
A ces nobles et sincères paroles, il crut devoir ajouter quelques mots pour éclairer les Rochelois sur les circonstances dans lesquelles il avait été mandé par le Roi et investi de cette périlleuse mission (1). Ses explications satisfirent l'assemblée.
Comme tous les nobles réfugiés dans la ville, il était soumis à l'autorité du Maire. Mais pleins de confiance en son expérience, les Rochelois lui remirent la direction suprême des opérations militaires. Le Conseil se divisa eu trois sections ; l'une d'elles
(1) C'est malheureusement sur ce point délicat que s'arrête la copie de D. Fonteneau ; elle est brusquement coupée au milieu d'une phrase : « Et voyant d'aultre part les François qui estoient allés secourir le prince d'Orange, et le conte Ludovicqde Nassau [correction pour : le conte Ludovicq et de Nassaul se porter mal au pays de Hainaut, je fus pris prisonnier, comme la fortune du métier des armes est bonne et contraire quelquefois. Je fus envoyé soudainement vers le Roy, lequel me fit venir a luy et me voulut voir, me disant — . » Par malheur, nous assure AI. Richard, les originaux des archives de Saint- Maixent sont perdus pour cette époque.
s'occupait de la guerre, elle comprenait le Maire, la Noue et quatre autres gentilshommes. Lorsque les troupes royales eurent rouvert les hostilités, on jugea même nécessaire d'étendre les pouvoirs de la Noue. En janvier, le Maire^ qui avait toujours le titre de capitaine de la ville, ne pouvant plus suffire à ses multiples attributions, on résolut de désigner un général en chef, « soubs l'authorité néantmoins dudit s"" Maire » . Malgré les amis de Montgommer y, alors en Angleterre, c'est la Noue qui fut élu. Quelques seigneurs lui représentaient comme indigne de lui d'accepter de ces bourgeois une charge inférieure à celleque lui avaient autrefois conférée les princes (1). Mais il ne voulut pas sacrifier à son amour-propre les intérêts de la cause. Pour rehausser son autorité, on lui donna (26 janvier) une garde de quarante hommes.
Armé de ces pouvoirs, il résolut d'opposer à ses adversaires une vigoureuse résistance. Il commença par organiser ses troupes. A côté des huit compagnies ordinaires (2) et de la compagnie du Maire, il créa des corps nouveaux. Tous les étrangers furent contraints de quitter la ville ou de s'enrôler, et l'on forma ainsi neuf compagnies. En février, il s'aperçut qu'il y avait encore un certain nombre d'hommes valides qui ne servaient pas, il en fit une compagnie de volontaires. Ces compagnies comprenaient cha-
(l)Barbot, f235.
(2) Les Reg. de Saint-Maixent disent « qu'y avoit six compagnies de gens de pied estrangers faisans environ 500 hommes, et qu'en tout tant ceux de dedans qu'estrangers il y avoit deux mille arquebuziers dedans lad. ville ».