‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 100 sur 142 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

« est avenu, à mon grand regret, en quelque fasson « que l'on m'y est forsé (sic) ; mais vous jugerez, s'il « vous plest, et tous prinses vertueux et bien néz, que « dofïendre il est blâmé et permis de se défendre, « mesmement uzant de toutes les passiences que l'on « peut, et que je croy ce peult compatir par prinses « bien néz de bonne maizon, et vrais serviteurs et « subjects de leur prince. J'espère vous en faire vraie « et apparente preuve bien tost, puisque il a pieu à la « reine et au roi de Navarre en la présence du conseil « du roi son fils, ouyr le rapport du faict, suivant les « informations ayant esté le tout ranvoyé en la court « de parlement pour y ouyr toutes les parties et i faire « justisse, vous suppliant pour fin tenir en amitié, Vostre humble et affecsionné cotisin, François de Lor[raine]. »

Il est du reste absolument démontré aujourd'hui que François de Lorraine ne partagea nullement la joie générale sur ce qu'on a nommé plus tard « le malentendu de Vassy ». Il voulut même s'en excuser juridiquement, et publia un mémoire dans lequel il s'exprime en ces termes : « J'allegueroye la modération et patience qui fut jadis en un Périclés poursuivy par un importun mesdysant » ; puis il cite Miltiade, Thémistocle, injustement accusés ; « aussi avons-nous en admiration un Camillus», et poursuit sur ce ton durant plusieurs pages.

Cependant lorsque le duc entra dans le parlement pour déclarer qu'il était étranger aux meurtres de Vassy les présidents Séguier et Harlay, s'il faut en croire M. Henri Martin, quittèrent leurs sièges et sortirent de la salle, ce qui n'empêcha nullement la grave assemblée, après quelques mots assez dédaigneux prononcés par le duc, d'ordonner des poursuites contre les paysans de Vassy, coupables d'avoir provoqué cette échauffourée en assaillant à coups de pierres l'escorte du premier personnage du royaume.

Le désordre de Vassy, dit Capefigue, servit de peint de départ au projet qui devait faire passer le pouvoir au duc de Guise. Toutes les mesures étant prises d'avance, le duc se rendit à Paris, Pasquier écrivait à M. de Fonssomme.

« M. de Guise est arrivé à Paris, costoyé des conné- « table et maréchal de Saint-André, avec une grande « troupe de gens d'armes. Il a esté reçu magnifique- « ment et avec un grand appareil par les Parisiens. « Le prévost des marchands et échevins sont allés au « devant de lui pour le bienveigner. Ce même jour le « prince de Condé, qui estoit en la ville, est allé au « presche avec une grande compagnie en une maison « des faux bourgs Saint-Jacques que l'on appelle Jé- « rusalem. Deux jours après est arrivé le roi de Na- « varre, et le lendemain, jour de Pasques fleuries, a « été faite une procession générale où il estoit. »

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