‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 107 sur 142 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

froissé, foulé aux pieds des chevaux, a eu l'épaule brisée, l'os du bras presque mis à nu. Tout le corps de bataille, une partie de l'avant-garde sont en déroute complète ; l'artillerie qui les couvrait tombe au pouvoir de l'ennemi ; cinq mille Suisses, promptement ralliés, font encore bonne contenance. Ce désastre est la faute d'Anne de Montmorency ; l'outre-cuidant vieillard a voulu attaquer trop tôt les huguenots, dont il est maintenant prisonnier.

La victoire des protestants semblait si complète, qu'une panique inexprimable saisit les vaincus. L'un d'eux le brave d'Aussun, vétéran des guerres d'Italie, dont l'intrépidité était renommée parmi les soldats, s'enfuit au galop jusqu'à Chartres, s'arrêta, et, affranchi tout à coup de cette peur étrange, tomba mort de honte et de rage !

Cette déroute et la prise du connétable n'étaient que le commencement de la bataille. Les Suisses continuaient à s'avancer en bon ordre ; ils furent traversés quatre fois par lacavalerie huguenote,hachés,dispersés.

En les voyant ainsi débandés, les lansquenets luthériens crurent qu'ils devenaient une proie facile, et se ruèrent sur eux pour les massacrer. Entre les Suisses et les Allemands, vivait toujours la vieille haine.

A l'aspect de ces ennemis indignes d'eux, les Suisses du roi serrèrent les rangs, marchèrent droit aux lansquenets et les mirent en fuite. Il fallut que lacavalerie

de Condé s'abattît de nouveau sur ces malheureux

régiments suisses ; cinq nouvelles charges les exterminèrent à peu près. Quelques survivants n'avaient plus

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