‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 127 sur 142 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

et la reine chercha à se rapprocher du prince de Condé.

« Celui-ci, après avoir vainement pratiqué de se sauver de sa prison d'Onzain, fut remis en liberté sur parole, et de Blois, il fit de fréquents voyages auprès de Coligny, pour le déterminer à prendre part aux conférences qui avaient été ouvertes entre les principaux chefs des deux partis. L'amiral, devenu, depuis la captivité du prince, le véritable chef des protestants, s'y refusa longtemps ; il espérait profiter, dans l'intérêt de son parti, de l'extrémité où se trouvaient les affaires des catholiques et prétendait dicter lui-même les conditions de la paix. Ce qu'il désirait surtout, c'était l'exécution de l'édit de janvier 1562 (r). »

Mais déjà le prince de Condé, que les espérances prodiguées à son ambition et les séductions de la cour rendaient plus facile et plus traitable, avait arrêté tous les préliminaires d'un traité. L'absence seule de Coligny pouvant en retarder la conclusion définitive, l'amiral, qui se monstra d'en estre bien marry, consentit enfin à se rendre à Blois.

C'était au mois de mars 1 563, dit M. de la Saussaye : l'accueil le plus brillant l'attendait. Catherine connaissait tout le prix et toute l'influence d'une flatterie habile ; elle voulut célébrer comme un bonheur public l'arrivée de l'amiral. A chaque entrevue, c'étaient

l, Castelnau, t. iv, ch. iv, p. 128-151,

grcwtdes caresses, chères et contentement ; enfin la paix fut signée.

Les principaux articles du traité portaient que le roi permettait aux seigneurs, ayant haute justice et fief de haubert, l'exercice libre et public de leur religion dans toute 1 etenduede leurs seigneuries; qu'un prêche serait accordé dans chaque bailliage et sénéchaussée ; qu'en les villes et prévotés de Paris, il ne se ferait aucun exercice de la religion réformée.

Il y avait loin de cet édit à celui de janvier que Coligny voulait d'abord exiger, et, cependant, c'est en parlant des conditions de ce nouvel édit que l'ambassadeur d'Espagne, Chantonnay, écrivait de Blois : « Il y a grande murmuration de cet appoinctement « entre les catholiques... Le seigneur don Francis est « parti pour s'en retourner en Espagne. La royne luy « a donné grand espoir que tout cecy se rabilleroit, et « qu'il falloit reculler pour mieulx saulter ('). »

Après avoir indiqué sommairementles conséquences politiques du forfait qui, en coûtant la vie au duc de Guise, menaçait de décapiter le parti catholique, c'està-dire le parti de la religion et de la monarchie, formant l'immense majorité des Français, nous devons examiner d'un peu plus près l'impression produite dans toute

i. Mémoire de Conde', t. il, p. 144 cité par M. de la Saussaye, dans son Histoire dît CJiâtean de Blois.

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