CHAPITRE SIXIEME
l'Europe par ce crime inouï, dont on accusait tout haut Coligny d'avoir été le complice principal.
La reine craignit d'abord quelques désordres. Ainsi que son fils, elle écrivit aussitôt au roi d'Espagne pour « se condouloir avec lui du triste accident survenu en la « personne du duc de Guise..., acte si malheureux qui « en redoubloit le desplair de la perte d'ung si grand « et si digne ministre..., chause si abominable devant « Dieu et devant les hommes. » D'un autre côté, ressentant la gravité de l'événement et le danger d'un tel exemple : «je suis plus fasché de la blessure de monsieur de Guise», avait mandé le maréchal de Montmorency à Catherine de Médicis, « que de chose qui m'eust « peu advenir, pour ce qu'elle fera dommage et retar- « dément aux affaires présentes du Roy; et sy est de « très pernicieuse conséquence, car si telles voyes ont « lieu, il n'y aura seigneur en France qui soit as- « seuré (x). »
La famille de l'illustre défunt reçoit de toutes parts les témoignages d'une sympathie fondée sur le malheur commun. Le pape adresse un bref à la duchesse ; l'empereur, qui disait de Guise que : « Avec un pareil « général, il auroit hardiment combattu les Turcs (2) », écrit une lettre en latin au cardinal de Lorraine, auquel le comte de Luna, le duc d'Albe, les cardinaux d'Esté
i. Mss. de Brienne ; v. 205, fol. 319.