‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 132 sur 142 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

« Au voyage de Bayonne, passant par Dijon, elle « disait au sieur de Tavannes : « Ceux de Guise se « vouloient faire rois, je les en ay bien gardés devant « Orléans ? y> — « Peut-être qu'elle craignait ce a quoy « monsieur de Guyse ne pensoit, bien que la fortune « luy eust mis en sa puissance de faire ce qu'elle « appréhendoit le plus, dit Tavannes. »

La reine s'est-elle entendue avec l'amiral ? On l'a dit alors, bien que celui-ci, tout en se félicitant hautement de la mort du duc de Guise, ait rejeté bien loin l'accusation d'en être l'auteur.

« Quelque temps après, dit Castelnau, fut publié un petit livre, par lequel l'on chargea l'admirai, La Rochefoucauld, Feuquières, Théodore de Bèze et Soubise, auquel les huguenots firent réponse par forme d'apologie, disant que ledit Poltrot avoit pris ce conseil de soi-mesme sans en demander advis à personne. Aussi l'admirai s'en est toujours voulu purger, disant l'acte estre meschant, encore qu'il dist que, pour son particulier, il n'avoit pas grande raison de plaindre, la mort du duc de Guise (x). »

Coligny publia trois « Apologies » pour se justifier.

La première, faite à Caen, était accompagnée d'une lettre pour la reine :

« Madame, depuis ces jours, j'ai vu un interroga- « toire qui a été fait à un nommé Jean de Poltrot, soi-

i. Castelnau.

« disant seigneur de Merey, du 2ime du mois passé, « lequel confesse avoir blessé M. de Guise, par lequel « aussi il me charge de l'avoir sollicité on plutôt pressé « de faire ce qu'il a fait; et pour ce que la chose du « monde que je craindrois autant ce seroit que ledit « Poltrot fût exécuté que premièrement la vérité de « ce fait ne fût bien connue, je supplie très-humble- « ment Votre Majesté commander qu'il soit bien gardé ; « et cependant j'ai dressé quelques articles sur chacun « des siens qui me semblent mériter réponse, que j'en- « voye à Votre Majesté par ce trompette, par lesquels « toutes personnes de bon jugement peuvent à peu « près être éclairées de ce qui en est. Et outre cela, je « dis qu'il ne se trouvera point que j'aye jamais re- « cherché cettuy-là, ni d'autre, pour faire un tel acte; « au contraire j'ai toujours empêché de tout mon pou- « voir que tels entreprises ne se missent à exécution. « Et cela en ay-je plusieurs fois tenu propos à M. le « cardinal de Lorraine et à Madame de Guise, et à « Votre Majesté, laquelle se peut souvenir combien « j'ay été contrariant à cela, réservé depuis cinq ou six « mois en ça, contre ceux qui montroient avoir telle vo- « lonté.Et ce a étévdepuis qu'il est veneu des personnes « que je nommerai quand il sera temps, qui disoient « avoir été pratiquées pour me venir tuer, comme il « plaira à Votre dite Majesté se souvenir que je lui dis à « Paris en sortant du moulin où se faisoit le parlement,

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