‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 134 sur 142 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

« et fallaces des susdits, et se confiant en Dieu et en « sa bonne conscience, n'a fait difficulté de publier « la dite confession de mot à mot, en y ajoutant ses « réponses sur chacun compris en icelle. »

Toute la défense est des plus faibles. Il dit que la preuve que l'on ne pensait nullement à employer Poltrot, c'est que lorsque celui-ci fut envoyé par Soubise, Soubise recommandait de le lui renvoyer; mais il n'explique pas pourquoi, au lieu de le renvoyer, il le garda auprès de lui. On lui reproche d'avoir donné de l'argent à l'assassin : « Sur sa vie et son hon- « neur, dit-il, il ne se trouvera qu'il ait approuvé qu'on « attentât en cette façon sur la personne d'icelucy, « jusqu'à tant qu'il a été dûment averti que ledit de « Guise et le maréchal de Saint-André avaient attiré « certaines personnes pour tuer M. le prince de Con- « dé, lui, et ce seigneur d'Andelot, son frère, quoi « voyant, il confesse qîte depuis ce temps-là, quand il a « ouï dire à quelqu'un que s il pouvoit il tueroit le dit « sieur de Guise jusques dans son camp, il ne l'en a « détourné. Et quant aux vingt écus, il reconnoit être « vrai qu'à son dernier retour à Orléans, environ la « fin de janvier dernier, après que le seigneur de Feu- « quières lui eut dit qu'il avoit connu le dit Poltrot « pour homme de service, il délibéra l'employer à « scavoir nouvelles du camp des susdits ennemis, et « par cet effet lui fit délivrer vingt écus, sans lui tenir

« autre langage ni propos, et sans jamais lui faire « mention de tuer ou de ne pas tuer ledit seigneur de « Guise. »

Il était, en effet, assez inutile de tenir « d'autre propos » à un homme qui se vantait de tuer le duc de Guise dans son camp, lorsqu'on l'envoyait dans ce camp même en qualité d'espion. L'amiral reconnut de même lui avoir encore donné de l'argent à d'autres reprises. Il avoua se souvenir que Poltrot s'avança un jour jusqu'à dire qu'il serait aisé de tuer le duc de Guise, mais il soutint que lui, Coligny, n'insista pas sur cet article. Enfin, il se borna à nier purement et simplement toutes les autres dépositions de Poltrot, et signa cet écrit à Caen le 12 mars 1562 (').

Après avoir envoyé cette triste défense (2) qui n'eut

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