‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 14 sur 142 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Luxembourg. Il s'empara du château de Sainte- Marie et des petites places environnantes qui, si elles fussent restées au pouvoir de l'ennemi, auraient pu empêcher le ravitaillement de l'armée.

Le 10 septembre 1543, les Français arrivaient devant Luxembourg, et ce fut François de Lorraine qui parvint le premier à mettre ses batteries en ligne une heure avant le jour. Afin d'être vu par ses soldats dans l'obscurité du crépuscule matinal, il s'était vêtu de blanc, et dans ce costume il sortit de la tranchée pour aller reconnaître les remparts de la ville. A peine fut-il à découvert, qu'un coup de mousquet, ou arquebusade à crocs, lui fut tiré des murailles et lui perça le pied, près de la cheville. Les os furent fracturés et les nerfs lésés si fortement qu'on le transporta, presque sans espoir, d'abord sous sa tente, ensuite à Longwy, à cinq lieues en arrière de Luxembourg. Il fut redevable de sa guérison aux prompts secours que lui prodiguèrent les chirurgiens mandés en toute hâte par le roi, et aux soins dont son père l'entoura. Dans la douleur que lui faisaient éprouver les pansements, le jeune duc d'Aumale ne pouvait s'empêcher délaisser échapper des gémissements. En l'entendant se plaindre ainsi, son père lui adressa ces paroles dignes d'un Spartiate : « Les personnes de notre rang ne doivent point res- « sentir les blessures, mais, au contraire, prendre plai- « sir à bastir leur réputation sur la ruine de leur corps. »

FBANCOIS DE LORRAINE.

Après le traité conclu en septembre 1544, entre Charles-Quint et François Ier, et contre lequel protestèrent le Dau-

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Vendôme et une foule d'autres seigneurs de la cour, François

François Ier. (Argent. — Teston.) Jer tourna ses

forces contre l'Angleterre. François de Lorraine faisait partie de l'armée commandée par le maréchal du Biez. Avec lui se trouvaient le comte d'Enghien, le jeune et brillant vainqueur de Cérisoles, le duc de Nevers, le comte de Laval et la Trémoille. Il n'y eut pas de bataille réglée, mais les escarmouches étaient journalières entre nos troupes et celles de Henri VIII. Ce fut dans une de ces rencontres que le duc d'Aumale (J) reçut au visage la glorieuse blessure dont il porta la cicatrice le reste de ses jours.

Aux environs de Boulogne, près du mont Lambert, un vif engagement avait lieu entre les Français et les Anglais. Lorsque François de Lorraine vit que le combat commençait à tourner au désavantage des Français, à cause d'un renfort que recevait l'ennemi et qui chargeait en flanc, il tira l'épée et se précipita au plus fort de la mêlée. Les Anglais fléchissent un moment ; mais, le voyant presque seul, ils reviennent contre lui,

1. Titre porte par François de Lorrainejusqu'à la mort de son père.

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