‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 20 sur 142 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

1552; divisée en quatre corps, elle prit autant de chemins différents. Le roi, le connétable, le duc de Vendôme, le duc d'Aumale, général de toute la cavalerie légère, se partageaient le commandement, et ce dernier prince eut à effectuer la marche la plus difficile à travers un pays resserré, montagneux, stérile, peu peuplé. Les pionniers étaient obligés de travailler à la route pour la rendre praticable, et les ressources de tout genre manquaient presque complètement. Parvenues à Kaisers-Lautern, ces troupes reçurent des habitants un accueil hospitalier, se reposèrent pendant deux jours, reprirent la route de Metz et rejoignirent l'armée ralliée à Rodemack, où le duc d'Aumale tomba malade par suite des fatigues de la campagne.

L'accord venait d'être rétabli entre l'empereur et les princes allemands ; et, en vertu du traité de Passau, qui fut appelé la Paix de la religion, ils durent avoir entièrement désarmé le 12 août. Henri II, dont les secours avaient été si instamment réclamés peu de mois auparavant, se trouvait alors presque trahi, du moins laissé dans un isolement absolu, et pouvait comprendre, que l'irritation de l'empereur allait chercher à se soulager à ses dépens et à lui ravir Metz, Toul, Verdun, où le roi était arrivé et dînait encore le 12 juin chez le cardinal de Lorraine, au palais épiscopal. Charles-Quint, en effet, l'avait vu avec colère se rendre maître de ces places comme d'un rempart

pour la Champagne, province qui paraissait la plus ouverte et la plus vulnérable du royaume, et qui, après avoir subi beaucoup de ravages, venait d'être évacuée par les Impériaux retirés alors dans le Luxembourg où l'armée du roi les suivait, selon l'avis du cardinal de Lorraine, en s'emparant successivement des villes de Stenay, de Damvillers, d'Ivoy, de Montmédy, Lûmes, Glaion, Arlon et Chimay.

Dans une reconnaissance dirigée sur Damvillers, le duc de Guise avait eu un cheval tué sous lui, d'un coup de canon, et Gonnor lui écrivait, à ce sujet, le 9 juin : « Je sçais bien que là où est la « personne du roy qu'il mérite bien que une telle « ville soyt revysitée par un des plus suffisantz.... Je « remercye Dieu dont il ne vous est advenu plusgrant « inconvénient que cestuy-là. Je suis content que le « maistre cognoistra très bien la bonne volunté que « vous avez de luy faire service. Je croys que ceulx « qui veullent avoyr la pluspart de l'honneur du « voyage vouldroient bien que vous ne feussiez point <£ si affectionné de garder que le maistre ne receust « une honste pour paresse et faulte de bonne vo- « lunté. »

Cependant l'empereur faisait de rapides dispositions pour reprendre l'offensive. Il recevait des renforts de toutes parts et réunissait des troupes imposantes. Guise se jeta dans Metz, avec ses jeunes frères et une foule

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