‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 30 sur 142 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

<\ le réparer à la faveur de ceulx qui pourroyent avoir « occasion de se plaindre, avoir aussi peu obmis de la « vérité comme suis très certain n'y avoir rien adjousté.

« Lendemain dimanche, quinziesme du mois de «janvier (1553), fut faicte une procession générale, à « laquelle s'assemblèrent toutes les églises, couvents « et colleiges de la ville; et y assista M. de Guyse, en- « semble les autres princes, seigneurs et gens de guerre. « en toute dévotion, rendans grâces à Dieu de nous « avoir tenu la main à la défence de la ville, et à nous « saulver delà puissance des ennemis. Et pour ce que « M. de Guyse fut adverti qu'en plusieurs lieux de la « ville il y avoit des livres contenans doctrine répouvée, « M. de Guyse les feit, sans scandale d'aucun, tous as- « sembler en un lieu et y mettre le feu, donnant ordre « que les habitants eussent pour l' advenir à suyvre un « train de meilleure vie qu'auparavant qu'ils eussent « esté receus à la protection du roy.

« Le lundi fut publié une ordonnance de par luy, « pour le retour des habitans, commettant des capi- « taines et aultres personnages de qualité à s'enquérir « par tous les quartiers s'il y avoit esté faict aucun « désordre par les soldats, dont on peut sortir plainte « raisonnable, afin d'y pourveoir au mieulx qu'il seroit « possible.

« Et les jours après il regarda à la police des citoyens « et habitans, que le trouble du siège avoit aucunement

« altérée et changée, pour la remettre en mesme estât « qu'auparavant ; aussi à la fortification de la ville, pour « redresser les bresches et ruines que le canon y avoit « faictes, avecques la poursuite des autres choses qui « avoyent esté mises en desseing. Puis feit faire la « monstre générale aux gens de guerre, tant de pied « que de cheval, avec payement de tout le temps qu'ils « avoyent servi et qui leurestoit deu. En quoy la libé- « ralité du roy se monstra, de ne précompter en rien « les vivres qu'ils avoyent eu et qui leur avoyent esté « distribués durant le siège ; offrant en oultre M. de « Guyse d'obtenir pour eulx autres plusieurs bienfaicts « et particulières grâces du roy, selon la cognoissance « qu'il avoit des mérites d'un chascun, ainsi que depuis « il s'y employa très voluntiers. Et ayant ordonné du « nombre des gens de guerre qui demeureroyent par « après dans la ville, la laissa en la garde du seigneur «de Gounor.gouverneurd'icelleietjle vingt-quatriesme «jour dudict mois, s'en retourna vers le roy. »

Suspendue sur la frontière du Nord, à la suite du succès des Impériaux à Térouanne et à Hesdin, la guerre, qui n'avait pas cessé de se continuer en Italie, reprit avec une nouvelle vigueur en 1554, dans le Hainaut et l'Artois. L'épisode principal de cette campagne fut la bataille de Renty, où le duc de Guise et

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