‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 33 sur 142 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

les Caraffa, à qui sont imputables les fautes politiques de son pontificat et qu'il finit par chasser de sa cour.

Paul IV ayant donc manifesté l'intention d'enlever aux Espagnols le royaume de Naples, qui était un fief du St-Siège, le duc d'Albe entra sur le territoire Pontifical, mit Anagni à feu et à sang et s'avança jusque sous les murs de Rome.

Cependant François de Guise était parti de Paris le 17 novembre 1556, à la tête d'une brillante armée ainsi dénombrée par la Châtre dans ses Mémoires : « Mille François sous vingt-quatre enseignes que « conduisoit le capitaine Frulich, cinq cens hommes « d'armes sous sept compagnies ; c'est-à-sçavoir : « la sienne de cent lances ; celles de messieurs les <( prince de Ferrare et duc de Nemours, de cinquante ; ({ du duc d'Aumalle de cent, et prince de Salerne « de cinquante ; celles de messieurs de Montmorency << et de Tavannes, chacune de cinquante ; six-cens << chevau-légers sous quatre compagnies, qui e.stoient « celle de M. le marquis d'Elbœuf, de deux cens; <( celle des sieurs de Sipierre, de deux cens ; de Biron « et de La Roche-Posay, de chacune cent ; luy ayant « baillé, pour l'accompagner et soulager, M. le duc « d'Aumalle, son frère ('), qui menoit l'avant-garde,

1. Frère du duc de Guise. Le titre passait de l'un à l'autre, lorsque l'aîné devenait chef de la maison.

« M. de Nemours, qui étoit colonel des bandes fran- « çoises, et M. le marquis d'Elbœuf, des Suisses, le « sieur de Tavannes, chevalier de l'Ordre, qui étoit « maréchal-de-camp de l'armée, et le sieur de Sipierre, « mestre-de-camp de la dite cavalerie légère, qui con- « duisoit en l'absence de M. d'Aumalle, qui estoit oc- « cupé à l'avant-garde ; et outre ce, un bon nombre « de seigneurs et gentils-hommes de la chambre, et « autres de la jeunesse qui estoit accourue à ce voyage, « tant pour l'espérance d'y voir et apprendre quelques « choses, comme le François est naturellement curieux, « que pour estre mondit sieur de Guyse merveilleuse- « ment aimé et suivi de toute la noblesse. »

A la nouvelle de l'approche des Français, le duc d'Albe signa avec le Pape, par l'entremise des Vénitiens, une trêve de quarante jours, mais sans se dessaisir des places dont il s'était emparé.

Guise passa les Alpes en plein hiver, et entra en Piémont au mois de janvier. Il avait douze mille fantassins, y compris les Suisses qui le joignirent à Suse, un peu plus de deux mille cavaliers, et douze canons. Le 20 janvier, il inaugura la campagne par l'occupation de Valenza, sur le Pô, place petite, mais importante par sa position.

Les Espagnols remparaient les villes du Milanais et se préparaient à les défendre. Ils avaient gagné Octave Farnèse, duc de Parme, en lui cédant Plai-

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