I. Mémoires de la Châtre
Naples en qualité d'héritier de la maison d'Anjou ; il s'y refusa. Après avoir encore enlevé plusieurs autres villes, il se laissa persuader par les Caraffa d'attaquer Civitella, qui couronnait une hauteur et présentait un abord plus difficile. Il la fît canonner de quatre côtés et tenta l'assaut dès la première brèche ; mais il fut repoussé et obligé d'en venir à un siège en règle. Les habitants firent la résistance la plus énergique; les femmes mêmes y prirent part : elles contribuèrent à relever les murailles désemparées, et à détruire dans une sortie de nuit les premiers ouvrages des Français (*).
Alvarez y Toledo, duc d'Albe, avait déjà près de cinquante ans lorsqu'il fut chargé par Philippe II de défendre le royaume de Naples contre Guise.
Il avait fait ses premières armes en combattant les Turcs. En 1547, il détermina le succès de la bataille de Muhlberg, qui rendit Charles-Quint le maître des princes allemands. On l'accuse, et peut-être à tort, car les historiens de l'école protestante ou libérale ne lui ont épargné ni les attaques injustes, ni les calomnies, on l'accuse de n'avoir possédé nulle autre vertu que le sentiment du devoir, mais en limitant le devoir à la soumission aux autorités. On reconnaît pourtant qu'il n'avait pas de vices, « autres qu'une avarice portée à un degré rare, un orgueil qui le rendait impoli, même avec les grands d'Espagne, et une disposition à être