CHAPITRE PREMIER
employé par le roi dans ses négociations avec la cour de Rome et avec Charles-Quint. Mais, comme son frère, il revendiquait l'héritage paternel, et son ambition, mal dissimulée, portait ombrage à la puissance royale. Aussi François Ier avait-il, disent les chroniques, forgé ce quatrain :
François premier prédict ce poinct Que ceulx de la maison de Guise Mettroient ses enfants en pourpoinct Et son poulvre peuple en chemise.
Cependant Brantôme rapporte que François Ier disait souvent : « Foi de gentilhomme ! je ne fais pas « tant de bien à ces princes lorrains que je devrois ; car « quand je pense que le roi Louis XI les a expolliez « des duchés d'Anjou, comté de Provence et aultres « terres leurs vrais héritages et qu'on leur retient, j'en « ai charge de conscience. »
Claude de Lorraine mourut le 12 avril de l'année 1550, à l'âge de cinquante-quatre ans, la même année que son frère le cardinal Jean.
De son mariage avec Antoinette de Bourbon, fille de François, comte de Vendôme, et de Marie de Luxembourg, comtesse de Saint-Pol, il laissait huit enfants, ayant perdu deux fils en bas âge, et une fille, mariée à Charles de Croy, prince de Chimay, duc d'Arschott. Les autres étaient : François né à Joinville, le 17 février 15 19, qui porta d'abord le titre de
duc d'Aumale, du vivant de son père ; Charles, qui fut plus tard cardinal de Lorraine, archevêque et duc de Reims, né à Joinville, le 17 février 1524; Claude, né le Ier août 1526, qui prit le titre de duc d'Aumale et eut le gouvernement de la Bourgogne après la mort de son père ; Louis, archevêque de Sens, né le 2 1 octobre 1527, élevé au cardinalat en 1552 ; François, né le 18 avril 1534, grand prieur de Malte en 1549 et général des galères de France en 1557 ; enfin René, marquis d'Elbeuf, qui fut aussi général des galères de France après son frère.
Le duc Claude se plaisait parfois à entrer chez le roi avec ses fils. Ils avaient tous si fière mine et formaient à leur père une si noble escorte, que François Ier disait en riant au duc : « Vous n'avez pas peur qu'on € vous oste la cape. » Et Guise répondait que « Qui « l'entreprendroit courroit fortune d'y laisser la sienne, « et que ses compagnons ne l'endureroient pas. »
Les trois filles survivant au duc Claude étaient Marie, née en 15 15, mariée à Louis d'Orléans, duc de Longueville ; unie en secondes noces à Jacques V Stuart, roi d'Ecosse, et qui fut la mère de Marie Stuart; Renée, abbesse de Saint- Pierre de Reims; Antoinette, abbesse de Farmoustier.
C'est à Fontainebleau que le duc Claude mourut. S'étant senti malade, il déclara qu'on l'avait empoisonné et se fit transporter à Joinville, d'où la duchesse