‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 45 sur 142 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

nant ; l'audace avec laquelle elle avait été conçue, l'habileté avec laquelle elle avait été conduite, la célérité et la vigueur des attaques que les Français avaient dû livrer. Henri II partit lui-même pour Calais; il en fit sortir tous les Anglais, qu'on força de vendre leurs propriétés, comme les Français avaient été forcés de le faire au temps d'Edouard III. Le duc de Guise occupa Guines et Ham, et acheva la conquête du comté d'Oye. Depuis lors les Anglais ne possédèrent plus un pouce de terrain sur le territoire de France. Le pays ainsi occupé fut appelé du nom de pays reconquis.

Le roi et le duc furent accueillis à leur retour à Paris avec un enthousiasme général ; des fêtes populaires furent célébrées (!).

La prise de Calais était un triomphe inespéré et un grand événement national. Elle ne produisit pas un effet moindre à l'étranger. Les Anglais en conçurent un ressentiment profond ; le peuple de Londres, fort agité d'ailleurs, accusa la reine et les ministres de négligence et de trahison.

Calais était pour eux le dernier souvenir de leur

i. « Je trouvai la sérénissime reine toute pleine d'une allégresse infinie, et elle me marqua son grandissime désir de voir la paix se conclure, mais une paix telle, pour me servir de ses propres paroles, qu'on fût en droit de la croire durable et qui ne fût point chose de passage comme avait été l'autre ; qu'autrement elle ne la souhaitait point ; et elle remercia singulièrement Votre Sérénité pour les conseils et les exhortations que la République adressait au roi son mari. »

Dépêches de l'ambassadeur vénitien.

domination continentale ; ils se regardèrent comme frappés dans leur honneur et leur orgueil. La reine Elisabeth disait que « si on pouvait ouvrir son cœur, on y trouverait Calais gravé en traits ineffaçables. »

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