‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 49 sur 142 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

la tour de l'évêché au parvis Notre-Dame, et de là jusqu'au chœur de la cathédrale. Le dais royal, tout semé de fleurs de lis, était placé en avant de la porte, tendue elle-même de riches tapisseries. Précédé des Suisses en grand costume, hallebardes à la main, tambourin et fifres en tête, le duc de Guise remplissant, en l'absence de Montmorency, la charge de grand maître dont il ambitionnait depuis si longtemps la possession, parut le premier sur l'estrade où Eustache du Bellay attendait l'arrivée de la famille royale. Guise « salua honorablement l'évêque de Paris, puis se retourna vers le public », et toujours attentif à ménager sa popularité, « voyant que les seigneurs et gen- « tilzhommes qui estoient sur le dict théâtre, empê- « choient que le peuple qui estoit en bas, n'eût pu « voir le triomphe dudict mariage, en peu de parolles « fist retirer lesdicts nobles et gentilzhommes (T) ». Il était suivi d'une nombreuse troupe de musiciens, vêtus de livrées rouges et jaunes, « sonnans et jouans mélodieusement ». Les cent gentilshommes du roi marchaient après ; puis les princes, « tant richement « ornez que c'estoit chose merveilleuse >>, le clergé, les cardinaux de Bourbon, de Lorraine, de Guise, de Sens, de Meudon, de Lenoncourt, le légat Trivulce ; puis venaient le roi-dauphin, conduit par le roi de

i. Discours du très grand et magnifique triumphe^faict au mariage de François de Vallois, Paris 1558. (Archives curieuses, tome III.)

Navarre, accompagné de monsieur d'Orléans et de monsieur d'Angoulême, la reine-dauphine, vêtue d'un riche et « somptueux, habillement blanc comme lis », conduite par le roi de France et le duc de Lorraine. Deux jeunes demoiselles portaient sa longue queue; à son cou pendait un collier d'un prix inestimable ; sa tête était surmontée d'une couronne d'or, garnie de perles, de diamants de saphirs, de rubis, d'émeraudes entourant une escarboucle évaluée à cinq cent mille écus au moins. Enfin le prince de Condé conduisait la reine de France, sur les pas de laquelle se tenaient la reine de Navarre, madame Marguerite, les autres princesses, les dames et demoiselles de la cour.

Lorsque ce brillant cortège fut arrivé devant la grande porte de l'église le roi tira de son doigt un anneau pour le remettre au cardinal de Bourbon qui donna, en cet endroit même, la bénédiction nuptiale aux fiancés. Du Bellay prononça ensuite un docte et éloquent discours ; le duc de Guise, s'approchant des appuis de l'estrade, fit de nouveau retirer les seigneurs, toujours afin que le peuple, pressé sur le parvis et dans la rue, pût mieux jouir du spectacle ; et les hérauts, criant aussitôt par trois fois: Largesse! jetèrent de tous côtés une quantité considérable de monnaie d'or et d'argent.

Après la messe, célébrée par l'évêque de Paris, la cour sortit de l'église dans le même ordre, pour re-

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