CHAPITRE TROISIEME
recherchés succédèrent à ceux-ci et prolongèrent ces fêtes brillantes pendant plusieurs jours encore (r).
Les princes lorrains, parvenus à un si haut degré de puissance à la cour, devaient y voir croître, dans la même proportion, l'inimitié et les calomnies de ceux que leur ascendant offusquait. Autant par prudence même que par ambition, il était naturel qu'ils s'efforçassent de se rendre maîtres de toutes les positions principales dans l'État ; c'était l'unique moyen pour eux de ne pas déchoir de celle qu'ils occupaient et que Henri II, à cette époque, ne tolérait plus qu'avec une inquiétude mal dissimulée. Dans les sentiments où il se trouvait par rapport à eux, le monarque venait de commettre une faute, sans doute, ou de révéler sa faiblesse en chargeant le duc de Guise, au mariage du dauphin, des fonctions de grand maître auxquelles ce prince aspirait depuis longtemps comme à un complément d'honneurs et d'autorité.
Encouragé par son frère dans ses vues, Guise dirigeait alors tous ses efforts vers une concentration effective de la puissance militaire dans ses mains. Du moins voulait-il parvenir à n'en rien laisser entre celles de ses rivaux.
i. Ces détails sur l'enfance de Marie Stuart, et son mariage avec François II, sont empruntés aux chroniqueurs contemporains et aux plus récents historiens de cette reine, MM. l'abbé Petit, J. Gauthier, Çhantelaure,
Poursuivant toujours la même politique, les Guises profitèrent de l'apostasie de Dandelot, qui avait embrassé la Réforme, pour lui enlever le grand commandement militaire dont il était revêtu. Appelé par Henri II au château de Monceaux pour s'expliquer sur les opinions qui lui étaient reprochées, Dandelot eut l'audace de déclarer au roi qu'il approuvait les doctrines de Calvin et pensait que la messe était une horrible profanation, une abominable invention des hommes. Outré de colère en entendant ces blasphèmes, le roi saisit sur la table un bassin pour le lancer à Dandelot et atteignit le dauphin assis auprès de lui, Dandelot fut aussitôt arrêté et conduit dans les prisons de Melun. Sa charge de colonel de l'infanterie française fut donnée à Montluc, capitaine d'une rare expérience.
Vieilleville, gouverneur de Metz, avait résolu depuis longtemps de s'emparer de Thionville, place admirablement fortifiée, et d'en déloger les Espagnols qui, de là, faisaient de fréquentes sorties sur le territoire des trois Evêchés et sur la Champagne. Il fallait la prise de Thionville pour que l'armée de l'Est pût opérer sa jonction avec celle de Picardie, et tenter une expédition sérieuse contre les Pays-Bas.
Guise ne voulut abandonner à personne l'honneur de cette entreprise. Le ier juin, il arrivait, avec le