‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 60 sur 142 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

tion portant qu'on n'entreprendrait rien « contre la « majesté du roi, les princes du sang ni l'état légitime « du royaume ».

Ce n'était pourtant là que la moindre partie de son projet. Il en avait une autre plus secrète, et dont il ne s'ouvrit qu'à quelques personnes. Il se proposait de surprendre Blois, d'enlever les Guises, de les mettre en jugement pour crime prétendu de lèse-majesté, de donner le pouvoir aux Bourbons et de convoquer les États Généraux. Des bandes de soldats, levées de côté et d'autre et ignorant où on les menait, devaient être concentrées peu à peu dans les environs de Blois, et profiter du tumulte que causerait la présentation delà requête. Les troubles qui régnaient déjà dans les campagnes voisines paraissaient favorables à l'accomplisse- 'ment de ces projets aventureux. On comptait aussi sur la division qui ne pourrait manquer de se produire à la cour dans un pareil moment, et qui donnerait aux ennemis des Guises l'occasion de se déclarer.

Le cardinal de Lorraine fut averti de plusieurs côtés. Il le fut particulièrement par un avis du cardinal Granvelle, gouverneur des Pays-Bas, et par les révélations que fit un avocat de Paris nommé des Avenelles, calviniste compromis par la Renaudie. On sut que Blois devait être entouré le 10 mars. Les Guises appelèrent aussitôt à la cour le prince de Condé et Coligny. Ce dernier, dont alors la loyauté n'était pas mise en

doute, insista près de la reine sur la nécessité d'accorder une certaine tolérance. Le garde des sceaux Olivier se joignit à lui, et un édit, publié le 2 mars, établit provisoirement une liberté du culte, jusqua la réunion d'un concile national. L'édit portait, il est vrai, des restrictions nombreuses, imposées par l'ordre public, et le parlement ne l'enregistra qu'avec de nouvelles réserves. Les Guises menèrent ensuite le roi, non à Blois, mais à Amboise, où ils se rendirent bien accompagnés.

La Renaudie fut obligé de remettre au 16 l'exécution de son plan. On ne lui laissa pas le temps de réunir ses forces et de s'avancer assez près. Dès le matin, les troupes du roi se répandirent dans les environs et dispersèrent sans peine les bandes isolées qui se présentaient. Il y eut cependant quelques escarmouches qui se renouvelèrent quatre jours de suite ; les compagnies de soldats qui arrivaient successivement pour soutenir les conjurés, furent arrêtées sur les chemins les unes après les autres, et plusieurs d'entre elles très maltraitées. La Renaudie fut tué. Il périt peu de monde, mais le nombre des prisonniers fut considérable.

Le 1 7, François de Guise reçut le titre de lieutenantgénéral, titre qui plaçait directement sous ses ordres tous les gouverneurs de province ou commandants de places. Le 18, on publia une amnistie, dont Castelnau

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