CHAPITRE QUATRIEME
Bourges, Mortagne, M eaux, Uzès, Béziers, Nîmes, Saint-Gilles, Montpellier, Orléans, Sully-sur-Loire, Pithiviers, Reims, Coutances, Caen, Montauban, Alais, Condom, Angoulême, Saintes, Périgueux, Sarlat, Mâcon, Auxerre, Saint-Pons, Aleth, Castres, Vabre, Saint-Papoul, Soissons, Beauvais, Châlonssur-Marne, Chartres, la Charité-sur-Loire, la Rochelle, Pau, Tarbes, Oléron, Lescar, Geaume-en-Chalosse, Orthez, Lodève et une foule d'autres villes de France et du Béarn deviennent tour à tour ou simultanément le théâtre des plus grandes atrocités de la part des disciples de la prétendue Réforme.
Les cathédrales, les églises, les couvents, les chapelles, et même les hôpitaux et les bibliothèques sont détruits, saccagés, pillés, souillés. Comme avaient fait les barbares, les protestants s'emparent de toutes les richesses du culte, brisent les statues, déchirent les peintures, anéantissent les sources du savoir. Par eux, les évêques, les prêtres, les religieux de tout ordre sont égorgés, insultés ou chassés. Les populations attachées au culte de leurs pères, se voient soumises aux plus cruels traitements ; ici, on les passe au fil de l'épée ; là, on les précipite du haut des murailles ; ailleurs, on les noie ; plus loin, on les brûle ; mais partout invariablement l'esprit de rapine, se mêlant à l'esprit de secte, on les dépouille de leurs biens, on les rançonne et on les soumet à d'intolérables vexations.
A la requête des consistoires, il arrive souvent que les chefs militaires protestants font enlever les toitures, ordonnent la démolition des maisons ou décrètent des taxes exorbitantes en vue de contraindre les catholiques à embrasser la Réforme (r) !
« En Beauce seulement, les calvinistes triomphants détruisirent trois cents églises. Sur toute la surface de la France, on compte cent cinquante cathédrales et abbayes complètement ruinées. Dans les seuls diocèses de Nîmes, de Viviers, d'Uzès et de Mende, le nombre des églises démolies atteignit le chiffre énorme de cinq cents. La petite ville de Sully-sur-Loire ayant été surprise par les troupes de l'amiral Coligny, trente-six prêtres y furent froidement massacrés ; et un grand nombre d'autres ecclésiastiques du pays, qui s'étaient réfugiés dans ses murs, périrent dans la Loire où on les précipita. Les protestants montrèrent partout ce même esprit d'intolérance, de destruction et de cruauté. On eût dit qu'ils avaient adopté la devise barbare des anciens Romains : Malheur aux vaincus ! (2) »
Ces massacres devaient continuer durant de longues années. Que si l'on nous permet de sortir un moment de notre sujet, nous rappellerons en quelques pages les
i. Voyez dans le remarquable livre de M. Segretain, Sixte-Quint, etc. et dans YHist. de Charles IX, du savant colonel de la Barre du Parc, le récit des atrocités commises par les huguenots.