‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 77 sur 142 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

la France une ruine, et de la religion nouvelle le plus odieux instrument de discorde, voici ce que l'ambassadeur vénitien Suriano rapportait des impressions religieuses qu'on avait de Catherine :

Palais des Médicis à Florence, où naquit Catherine de Médicis.

« Quant aux intentions de la reine par rapport aux affaires religieuses, les opinions se sont encore partagées : on l'accuse d'avoir accordé trop d'autorité au

maréchal Strozzi, qui fait profession de n'avoir ni foi, ni religion ; on sait encore que quelques-unes des femmes le plus avant dans l'intimité de la reine sont suspectes d'hérésie et de mauvaise conduite ; on sait enfin que le chancelier^) en lequel elle se fie, est ennemi de l'Église romaine et du pape, et l'on a vu la tiédeur qu'elle a mise à protéger le parti catholique. Je ne connais pas les opinions véritables de Sa Majesté làdessus, mais ce que je puis affirmer, c'est qu'elle n'aime pas les tumultes dans le pays, et que si elle ne s'est pas montrée aussi ardente à les réprimer qu'elle l'aurait désiré, ce n'a été que dans la crainte de voir la France déchirée par les armes. »

« Les choses se passent ici, écrit de son côté Marc- Antonio Barbaro, sous le manteau de craintes mystérieuses. On ne sait les projets et les desseins de personne. Il semble, en quelque sorte, que chacun de ceux qui sont du conseil ait son plan à lui, pour lui. On voit bien les Guises et le connétable unis, et la reine semble avoir grande confiance en Guise (2) ; mais la vérité est que ses irrésolutions sont extrêmes, et que d'une heure à l'autre on l'entend concevoir des choses nouvelles ; du soir au matin, elle change de desseins trois fois par jour. En un matin, Sa Majesté était à Madrid (près Paris), puis elle vint dîner à Paris ; elle

i. Michel de 1 Hospital.

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