‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 82 sur 142 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

dynastie ; d'ailleurs elle ne parvenait pas à assurer sa supériorité sur le triumvirat : son génie se dissipait dans mille petites intrigues, tandis que les Guises se dirigeaient vers leur but avec netteté et persévérance.

Pour rendre plus intime leur union avec l'Espagne, ils entreprirent de marier à don Carlos, fils de Philippe II, leur nièce Marie Stuart. La jeune veuve de François II vivait alors à Reims près du cardinal de Lorraine et semble ne pas s'être opposée à des pourparlers qui lui auraient évité l'exil dans son triste royaume d'Ecosse. Catherine employa toute l'influence de sa fille Elisabeth sur Philippe II pour empêcher ce mariage ; les négociations se prolongèrent plusieurs mois, et ne furent pas interrompues, même après que Marie Stuart eut débarqué en Ecosse (I). On ne sait pas exactement quelles causes firent rompre ce projet. Il est probable que les conseils de la reine Elisabeth d'Angleterre n'auraient pas réussi à détourner Philippe II d'une alliance qui lui donnait les couronnes d'Ecosse et d'Angleterre, si d'autres motifs ne l'en avaient écarté.

Dès qu'avaient commencé à circuler de vagues inquiétudes sur les tendances de la cour en faveur des réformés et des bruits sinistres touchant les assemblées secrètes des protestants, le duc de Guise était accouru

i. L. Paris, Négociations relatives an règ)ie de François II j Mignet, Journal des Savants, juillet 1847 ; Chéruel, Marie Stuart et Catherine de Me'dicis, chap. 11. Labanoff, Lettres de Marie Stuart, t. I et v.

à Paris pour rassurer les bourgeois, et se montrer à eux comme le protecteur contre le péril social et religieux ; suivi de quatre cents gentilshommes en armes, il fit dans la capitale une entrée triomphale qui lui ravit tous les cœurs ; ce fut une manœuvre habile pour exciter la résistance, au moment où la reine-mère semblait prête à préparer un compromis entre tous les modérés.

Elle avait obtenu à force d'intrigues, qu'une conférence serait tenue à Poissy, entre les principaux prélats de France et les délégués des églises réformées, pour étudier les moyens de conciliation sur le dogme et les cérémonies sacrées. Plusieurs délégués calvinistes avaient été dans les ordres, comme Théodore de Bèze, ancien prieur de Longjumeau, et Malo, ancien vicaire de Saint-André des Arcs. Ils ressentirent un gonflement de vanité et une inspiration d'orgueil en se voyant appelés à discuter les doctrines théologiques avec des évêques et des cardinaux.

Le Souverain Pontife ne pouvait voir d'un bon œil cette réunion que certains prétendaient déjà transformée en synode ou concile provincial. Assurément l'idée était mauvaise, il en pouvait sortir de graves et dangereuses conséquences. N'eût-il pas été plus simple de soumettre toutes les difficultés de doctrine au Concile de Trente, et de se conformer à ses définitions ? C'est ce que le pape conseillait. Mais, dit l'abbé Sylvain, dans son Histoire de saint Charles Borromée, « la

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