‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 85 sur 142 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

quels ils s'adressèrent ne leur donnèrent aucune réponse favorable; alors ils allèrent à la reine, qui fit droit à leurs supplications et leur accorda les points suivants :

i° Les prélats catholiques ne seraient point juges et ils auraient un secrétaire d État pour notaire et greffier, eux-mêmes pouvant d'ailleurs recueillir par écrit tout ce qui serait dit au colloque,

2° Le roi et les princes du sang assisteraient à la conférence.

Ces concessions se faisaient à condition que les dissidents se comporteraient modestement au colloque et n'y chercheraient qiie la gloire de Dieu.

A peine faites, les docteurs de Sorbonne vinrent demander qu'on dispensât le roi, vu son bas âge, d'assister à cette longue dispute sur la religion ; l'idée était juste, car nul n'avait le droit de mettre l'âme d'un enfant en contact formel avec l'hérésie, mais Catherine de Médicis, déjà engagée et voulant suivre sa politique toujours flottante, interposa son autorité et voulut que son fils entendît ces inutiles et dangereuses controverses.

Le colloque s'ouvrit le 9 septembre 1561, «au grand réfectoir des nonains», en présence de six cardinaux, de quarante évêques et d'un grand nombre de docteurs catholiques.

Charles IX y parla avec un ton sérieux au-dessus de son âge, énonçant qu'il était venu pour prendre

l'avis de tous, prélats et docteurs, sur les remèdes nécessaires aux maux dont l'état était menacé. Sous les yeux mêmes de l'assemblée, un fait indiquait à tous la réalité de ces menaces : les douze ministres et les vingt délégués des Eglises protestantes entraient dans la salle sous la conduite des gardes du roi, tant on craignait encore que le peuple ne se jetât sur eux.

Charles IX commanda ensuite au chancelier d'expliquer phis au long son intention à la compagnie.

Michel de l'Hôpital rappela que les précédents monarques avaient essayé de réunir la population de la France en un seul avis, mais que, nonobstant leurs efforts, la diversité d'opinion continuait, et que l'inimitié entre certaines catégories des sujets du roi en était arrivée à un point tel que « si Dieu n'y donnoit quelque prompt et brief remède, l'on ne pouvoit attendre qu'entière ruine et subversion de cest estât K Pour cette cause, ajouta-t-il, le roi vous a fait appeler afin de vous communiquer le besoin qu'il y a d'être en cette affaire conseillé et secouru, et vous prie d'aviser, d'examiner surtout comment on pourrait sans délai apaiser Dieu, qui certainement était irrité, en réformant les abus introduits parmi eux qui ont charge de le particulièrement servir.

Citons maintenant la péroraison de ce discours (') :

i. Nous l'empruntons à un protestant, Pierre de la Place; son sens catholique ne peut donc être nié.

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