‹ François de Lorraine, duc de GuiseChapitre 93 sur 142 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

« avoient donnée. J'entens s'il nous en venons jusques- « là, car je ne tarderay guères après que je ne reprei- « gne le chemin de Joinville... Je m'en vais cependant « trouver monsieur le cardinal mon frère à Ty, faisant <v acte de bon frère (x)... »

A peu près vers ce moment, un projet d'enlèvement du duc d'Orléans, frère du roi, formé par le duc de Nemours et découvert à temps, donna lieu de faire porter des soupçons de connivence sur le duc de Guise, que l'on supposait intéressé à procurer un Fils de France pour chef officiel au parti catholique. La conduite, les intentions même de François de Lorraine étaient, de la part de la cour, un continuel sujet de surveillance et d'ombrage. Le dessein d'une résistance à l'hérésie et aux factions qu'elle engendrait, commençait effectivement à pénétrer avec passion dans la grande âme de Guise. La reine même, à l'instant où il allait partir, l'avait prié de ne « rien remuer », et, lui témoignant qu'elle était informée des intelligences qu'il entretenait en Allemagne, lui avait recommandé de bien regarder à la manière dont il en userait. Le duc, n'hésitant pas à reconnaître la vérité des faits, avait déclaré à Catherine qu'il ménageait de tels rapports pour le service du roi, pour le bien du royaume, et qu'il ne les exploiterait que dans ce double but (2).

i. Mss. Béthune, v. 8913, fol. 27.

Page 1