Papiers de Simancas, B
La réponse était plus franche que rassurante. Au surplus, chacun des partis, arrivé à un degré d'irritation qui lui rendait naturel le pressentiment d'une guerre prochaine et qui lui inspirait la résolution de soutenir énergiquement celle-ci, cherchait à s'assurer des appuis au dehors. L'initiative à cet égard n'avait pas appartenu aux Guises, et maintenant le prince de Condé n'allait point épargner les démarches vis-à-vis des princes étrangers protestants, en particulier du comte palatin du Rhin, du landgrave de Hesse, du duc Christophe de Wurtemberg.
Il n'était donc pas surprenant que, de son côté, le duc François, rejoint par le cardinal Charles de Lorraine, se fût rendu, avec lui, son jeune fils Henri, le cardinal de Guise, le grand prieur et une suite de quelques gentilshommes dévoués, de Joinville à Saverne, pour s'aboucher, le dimanche 1 5 février, avec le dernier de ces princes allemands qu'accompagnaient le fils du landgrave Louis de Hesse.ainsi que les ministres luthériens Jean Brentzen et Jacques Andréa. « Un train de cinq cents chevaux tant de « selle que de bagage et de trente mulets » suivait les princes. Préparées d'avance par le cardinal, qui prêcha deux fois devant le duc de Wurtemberg, les conférences, dont la durée ne fut que de trois jours, se tenaient dans le logement du prélat et avaient pour objet de persuader à Christophe que le luthéranisme s'écartant moins