CHAPITRE CINQUIÈME
avoir six ou sept cents personnes de toutes sortes d'âge. Lors, comme souvent m'a dit le duc de Guise, aulcuns de ses officiers et aultres qui estoient allés devant, curieux de voir telle assemblée et nouvelle forme de prescher, sans autre dessein s'approchèrent jusqu'à la porte du lieu, où il s'esmeut quelque noise avec parolles d'une part et d'aultre (x). »
Il est possible qu'irrités de ces regards curieux et malveillants, inquiets de voir ces étrangers armés qui s'amassaient devant leur porte, les bourgeois de Vassy et les paysans des villages voisins, réunis dans la grange, aient voulu les écarter, et aient jeté des pierres aux gens de cuisine, qu'ils « appelèrent papistes et idolastres (2) ».
On peut croire aussi que les habitants de Vassy, blessés depuis plusieurs jours par ces cérémonies, ont excité le zèle des laquais et de la populace, qui se sentaient soutenus par la garnison et par l'escorte du duc (3). Il est certain que « les pages et laquays, en jurant la Mort-Dieu disoient : Ne nous baillera-t-on pas le pillage (4) ? » L'écuyer La Brosse eut le tort de ne pas réprimer ces propos de valets. Il est difficile d'admettre que les protestants qui n'avaient pas d'armes et se trouvaient entassés dans une grange avec leurs
i. Castelnau, p. 452.