ET CHARLES-QUINT
Causes réelles des hostilités. — Négociations de François I^ avec les Suisses. — Venise. — Le pape. — Armements militaires.— Capitaines des compagnies. — Suisses. — Lansquenets. — Canonniers. — Chevaliers. — Gentilshommes capitaines. — Aventuriers. — Ressentiment des premières batailles en Navarre. — La maison de Bouillon. — Le comte de La Marck. — Sickinghen. — Prétexte d'invasion par Charle&-Quint. — Armée du comte de Nassau. — Invasion des frontières. — Bayard et Montmorency à Mézières. — Mouvements militaires de François I". et de Charles-Quint. — Développement de la guerre de Navarre. — Intervention de Henri VIII. — Le cardinal de Wolsey. — Conférences proposées à Calais. — Correspondance. — Attitude des conférences. — Dessein de Henri VIU.
Depuis que le roi Don Carlos d'Espagne avait été élevé à l'empire d'Allemagne, François P' gardait au cœur un sentiment de jalousie profonde. Le roi
de France avait mis un intérêt puissant à placer sur son front la couronne des empereurs ; à cette oeuvre, il avait dépensé des sommes considérables , consacré presque entièrement son règne; et lorsqu'il se vit tout à fait déçu dans cette espérance, il en conçut un chagrin mortel , et bientôt un désir de vengeance, car enfin Don Carlos d'Espagne n'avait déployé ni courage, ni magnificence chevaleresque; plus adroit seulement, il avait appliqué, dans les diètes, cette finesse de négociations qu'il tenait de la maison de Bourgogne. Â cette première époque du ressentiment de François V% il faut placer l'invasion de la Navarre , et surtout le secours que sous main il avait prêté aux communeros de Castille , lorsqu'elles se levèrent en masse pour reconquérir leurs libertés. Ces communes vaincues, tout était rentré dans l'ordre; et Charles^uint, à son tour^ apercevant d*où le coup partait, fit constater aux yeux du souverain pontife et du roi d'Angleterre « que François V^ agissoit sans loyauté pour attiser de nouveau le feu de la guerre, et détourner ainsi ce noble esprit de croisade contre les musulmans , qui partout se manifestoit comme une sainte explosion de l'Église catholique. » Cêd plaintes de Charles-Quint étaient exactement
fondées : toute la préoceupation du roi d& France était de préparer les éléments des batailles» Jeune et noble chevalier ^ il croyait que l'élection de Charles d'Espagne était une injure personnelle qu'il fallait nécessairement laver sur le blason de France. Dès cette époque on voit le roi tout absorbé par les pensées de guerre ; il sait que devant lui non^seuls'*ment il aura l'héritier des couronnes de Gastille^ mais encore le successeur des ducs de Bourgogne , possesseur de la Franche-Comté ^ de la Flandre et du Milanais , enfin le puissant empereur d'Àlle^ magne ^ qui peut jeter les soldats de la fédération germanique sur les bords du Rhin et de la Meuse. Profondément persuadé qu'il doit agir avec toutes ses forces^ François P"" négocie avec intelligence et ardeur contre son puissant adversaire : la guerre embrassera la Flandre, litalie et les Pyrénées; en Flandre et sur le littoral de l'Allemagne , on pourra se faire des alliés parmi les membres de la ligue opposée à Charles-Quint et les cités indépendantes ; l'élection n'a pas été unanime ; les négociations de Bonnivet ont laissé quelques traces parmi les princes et les électeurs, et au besoin, quand la guerre éclatera, on pourra soulever ces intérêts, ces jalousies eoBtre le nouvel empereur. Aux Pyrénées, François V"
a pour lui le roi de Navarre et les vieilles communes de Castille, dont l'effervescence a été réprimée déjà , mais qui , dans une guerre , pourront se réveiller de nouveau. Aux Alpes, le roi de France trouvera les Suisses , antipathiques à l'empereur» ennemis naturels de la maison de Bourgogne. En Italie^ on négociera avec Gènes , Venise; et là des forces d'argent ou d'hommes pourront être soule* vées contre Gharles-Quint.
C'est particulièrement vers cette Italie que François P"" porte son attention. Une active correspondance diplomatique s'engage entre le roi et la sérénissime république de Venise, la plus ûère, la plus considérable des puissances de l'Italie. Quand on contemple ce qu'était Venise alors, la force de ses régiments d'Esclavons , de ses soldats de terre ferme , ses villes principales toutes fortifiées , ses galères à mille rames, on s'explique très-bien l'intérêt ardent que met François T' à se procurer l'amitié de son doge et de son sénat * . Son ambassadeur auprès de la république, AmbroiseFleurance, doit surtout , en réveillant les bons rapports de la
* Lettre de François I" au seigneur de Ceva et à messire Ambrois de Fkurancey ambossadeurs à Venise, 47 may 4524. — Kbl. dn
France et de Venise à toutes les époques, favoriser les antipathies nées depuis des siècles entre la république et les empereurs : quel sera le sort de la noble cité si jamais les Allemands triomphaient sur l'influence française? N'était-ce pasl'am^ bition de tous les Césars germaniques d'arracher à Venise ses villes de terre ferme? Par l'alliance avec la France seulement cette catastrophe pouvait être évitée.
A Rome, François I" soutenait cette même politique auprès du souverain pontife , depuis que le concordat l'avait lié intimement à la France : avec les Allemands il n'y aurait aucune liberté religieuse pour le saint-siége ; et le pape, toujours si plein de patriotisme, voulait protéger Tindépendance italique contre les impériaux. A Gènes aussi, l'influence française, toute-puissante , avait fait élire un doge favorable à son intérêt; le sénat était lié au roi , et le parti français garantirait contre les Espagnols le littoral de l'Italie s'il était menacé.
Roi , Mss. de M. de la Mare, conseiller au parlement de .Dijon, iQ-i"*, parch. coté 40332-3.
a Vous direz à sa seigneurie que sy elle veult bien penser et considérer ce que j'ay fait noa seulement pour entretenir Tamitié confédération et alliance qui est en la ditte seigneurie et moy, mais
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François I*^ caressait également les Suisses et les petits princes d'Allemagne , moins encore pour s'assurer une action diplomatique que pour se donner des forces militaires respectables. Tel était Tesprit de la noblesse de France , qu'elle croyait son honneur engagé à ne servir qu'à cheval; dédaignant la pique, l'arc et la longue arquebuse à mèche, ses armes étaient la lance, Tépée, la hache; depuis les pieds jusqu'au sommet de la tête elle se couvrait de fer. Cette chevalerie , bonne sans doute lorsqu'il fallait briser une infanterie tumultueuse , n'avait plus la même, importance depuis
l'invention de la poudre qui avait changé toutes les combinaisons de Tart militaire. On devait avoir désormais une bonne infanterie , et pour cela les Suisses et les lansquenets étaient seuls merveilleusement bien organisés; rudes et rustres, ils tenaient leurs rangs pressés, présentant à la fois la pointe de leur hallebarde ou la gueule de leur arquebuse. Il était donc fort important que le roi se procurât cette
pour Taugmenter, accroistre et perpétuer en la meilleur plus ample et plus seure forme que faire se pouvoit, elle doit connoistre que non de parolles j'ay procédé envers elle, mais de faict , et de bon vray et loyal amy, espérant et me tenant certain que icelle seigneurie fera touiours le semblable , et ne me saurois ne pourrois
£T LA RKMAISSANGR ISI
iofaotarie , et il négociait auprès des cantons pour avoir à sa solde les Suisses des hautes mon** tognes* En Allemagne , grand nombre de lansque^ nets viendraient à lui, car ils savaient qu'avec les jPrançais il y avait toujours bon pillage à faire en Ita*lie; ils aimaient ce caractère brave, léger, intré* pide, qui caracolait un jour de bataille comme dans un carrousel. Les écus d'or fleurdelisés n'étaient* ils pas d'un excellent aloi? on savait les dépenser
dans les belles villes de FriCnce. Les Suisses , d'ail-
leurs, avaient la tète bien basse depuis Marignano.
C'était une organisation assez curieuse que celle des armées alors divisées par compagnies et par bandes ; la compagnie se composait de chevaliers et d'hommes d'armes, tous bardés de fer, la lance au poing, la dague au côté, et qui prenaient le titre de gens d'armes, au nombre de cent, deux cents, sous un capitaine d6 vaillance et de bonne maison , tels que Chabannes , Montmorency ou Bayard. Les ban*»
persuader que en bien examinant toutes choses qu'elle ne connoisse clairement que nostre dite amitié et alliance n'est-elle qu'il faille user de parolles l'un envers Tautre, mais franchement et loyemment et ouvertement déclarer le vouloir intention et ce qui se peult faire pour le bien commun d'entre nous ; a ceste cause et aiin que Iftditte seigbeurie soil resoluement assurée de ce que j'entens
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l&O FRANÇOIS r
des n'étaient point organisées comme les compagnies de gens d'armes; c'était une infanterie sous les ordres d'un chef d'aventuriers prenant de l'argent de droite et de gauche; il servait selon son caprice, mais une fois engagé par parole , et argent reçu , à chaque monstre ou revue, il obéissait au drapeau , àl'étendard levé. Ces chefsde bandes étaient presque toujours des étrangers que le roi cherchait à rattacher à la couronne par des magnificences. Depuis les batailles de Crécy, les édits avaient surtout protégé l'art nouveau de l'artillerie, qui comptait des ingénieurs florentins , excellant aux arts mécaniques, et rien n'était plus utile que leurs conseils. L'artillerie demeurait immobile sur le champ de bataille; les pièces étaient longues, posées sur affût aux larges roues ; et l'on s'en servait surtout contre cette pesante chevalerie couverte de fer, qui brisait les rangs des Suisses et des lansquenets.
Les longues guerres de Charles YIII, de Louis XII avaient formé des capitaines de premier ordre en
faire de ma part pour le fait et entreprise dltallie , j'ai délibéré et déterminé envoyer honmie exprès par devers elle avec telle autorité qu'elle me sera plus en ce cuider que je veuille faire lad. entreprise et que je n'aye les moyens tant en argent que en autres choses pour promptement Texécuter. Par quoy vous prierez et re*-
ET LA RENAISSANCE. Ifti
Stratégie et hardiesse ; sous François P** on pouvait en compter un grand nombre , qui tous allaient prendre des commandements pour conduire les hostilités. Ce gentilhomme, un peu vieilli déjà , qui porte sur son écusson y comme support , de larges ancres, c'est Guillaume Gouffier, sire de Bonnivet , amiral de France ; il a dans ses veines du sang des Gouffier de Boisy et des Montmorency \ on Ta vu s'agiter dans les négociations d'Allemagne, en Aurgleterre auprès du cardinal d'York; il est surtout vaillant chef d'armée, intrépide au combat. Celui-ci, du même âge, a pour nom la Trémoille, des princes de Talmont et de la maison d'Amboise. Oh ! qu'il s'était bien battu à la bataille de Marignano, et que les Suisses avaient senti la pesanteur de son bras! La Trémoille était impatient de signaler sur le champ de bataille sa vie et le lit d'honneur de sa race. Que dire du digne baron de Montmorency, de Bayard l'incomparable , de Lautrec , des ducs de Vendôme et d' Alençon , chefs de gens d'armes ,
quererez laditte seigneurie de par moy qu'elle veuille persister continuer et demeurer en sa bonne volonté envers moy.
« Priant Dieu Messieurs qu'il vous ait en sa saincte et digne garde. Escript à Saint-Germain-en-Laye le 47 de may.
« Françots. »
l&S fRANÇOn I**
formés dans les grandes journées de Charles YIII et de Louis XII , tous avec un dévouement per^ sonnel pour François V qu'ils considéraient comme un vaillant capitaine ; les lettres qu'ils lui écrivent, profondément respectueuses , gardent la vieille formule du c( roi, nostre sire, >i comme dans les antiques chartes féodales. François I*^ leur donàê le titre de cousin oU de spécial ami^ pour les encourager à vaillamment défendre l'étendard de France.
La tentative sur la Castille avait signalé les premiers mécontentements de François P" contre l'em** pereur d'Allemagne nouvellement élu ; le roi avait favorisé les communeros rebelles. Maintenimt au Nord les mêmes hostilités allaient se produire. Il existait entre la Meuse et le Rhin des races d'hommes gigantesques, des chevaliers dont on voit encore mille souvenirs dans les images d'Allemagne , sur les vitraux ou dans les toiles que le pinceau d'At» bert Durer a vigoureusement tracées : chevaliers à la barbe épaisse comme le duc d' Albe dans les tableaux de l'école flamande, à l'œil ardent, à la volonté forte. Les romans de chevalerie avaient tous parlé de la forêt des Ardennes, si riche en aventures périlleuses, et toute peuplée de châteaux ; de tours
ET U RENAIBSANGE. lU
uréiieléeS) sur le Bommet des monts, des rochers ou dans les carrefours boisés de la vaste solitude. La forêt des Ardennes se liait aux sept montagnes du Rhin, aux châteaux élancés, et s'étendait par la âoiiabe jusque dans la Forét-Noire; car le vieux Rhin était ehevelu partout. Â Textrémité de cette forêt des Ardennes se trouvaient les terres et le manoir du seigneur de La Marck, fier homme d^arnies qui était pour la Meuse ce que Sickiilghen était pour le Rhin, un bras de protection et dé terreur.
Charles*Quint devait son élection à ces glo^ rieux aventuriers; leur renommée avait assuré les suffrages , et leurs menaces avaient effrayé bien des opposants. Plus le sire de La Marck avait Qgi avec ardeur pour cette cause, plus il se croyait de droit à la récompense, et bientôt une cir^ constance se présenta. Le nom de Chimay était tout national à l'extrémité de la Meuseï là où la Belgique eommence : avec le sang illustre des Croy qui pouvait disputer la grandeur du blason? Les Chimay étaient alors en discussion avec les sires d'Emeryes pour la seigneurie de deux petits villages dans les Ardennes * ; les pairs consultés
* Mém. de Du Bellay, liv* I.
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avaient dit : « Ce château appartient aax Chimay, et comme le duché de Bouillon est indépendant et ne ressort de nulle suzeraineté, notre jugement doit s'exécuter sans appel. »
Le sire d'Emeryes recourut à la justice de Char** les-Quint qui fit reviser Farrèt par le conseil de l'Empire : qu'importe au sire de La Marck 7 L'héritier des Bouillon vint réclamer lui-même ses droits à la diète, et il croyait que justice lui serait faite après ses services pour l'élection impériale. Cependant Charles-Quint se contenta de répondre ce que le conseil aulique avoit décidé, et qu'il n'avoit aucun pouvoir pour réformer la sentence. » Impétueux de caractère, Robert de La Marck, brisant un de ses gantelets sur la porte du château, s'écria : (c Puisque celui que j'ai créé empereur ne veut pas me rendre justice, je saurai bien me la faire moi*mème. » Et aussitôt il vint s'aboucher avec les commissaires de François V^ à Sedan, pour offrir ses services et stipuler ses conditions. On oublia tout le passé * } le bras de Robert de La Marck était trop fort pour qu'on hésitât à l'employer, et François I" lui rendit
* Mém. de Fleuranges. « Comment messire Robert de La Marck, sieur de Sedan, pour quelque tort qu'il lui feust fait au service de Vempereur, retourna au service du roy de France, »
ET LA RENAISSANCE. IftS
cette bande de lansquenets qu'il conduisait si fièrement avant sa rupture avec la couronne de France. Caractère ardent, impétueux^ Robert de La Marck ne se contente pas de se lier à la France; seigneur à peine de quelques villes et d'une trentaine de lieues dans les Ârdennes , lui seul déclare la guerre à l'empereur Cbarles-Quint et au conseil des électeurs : osera-t-on braver au milieu de ses forêts l'héritier de ce sanglier des Ardennes , si puissant dans les guerres de Bourgogne ? Il est incontestable j au reste , que Robert de La Marck fut poussé par François P' à ces hostilités ; ce que le roi avait essayé au midi par les communeros de Castille y il Taccomplissait au nord par les aventuriers sous Robert de La Marck. Les deux souverains d'Espagne et de France , liés par un traité solennel , ne voulaient pas ouvertement le briser : ils faisaient agir au-dessous d'eux, et comme dans les drames la scène et l'action se préparent par les confidents.
La guerre retentit sur la Meuse : l'altier Robert de La Marck pouvait-il lutter seul contre les forces de l'Empire réunies? il avait trop compté sur la puissance de François P% qui n'osa point encore
se montrer. Robert de La Marck venait d'envoyer II. 10
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défi à l'empereur dans la ville de Warms * ; ses hérauts d'armes portèrent son gonfanon de bataill^ en Allemagne, en Belgique, en Souabe.
L'Allemagne répondit à ce cartel; Seckinghen, le lougpeux aventurier^ vint croiser la lance contre Robert de La Marck^ son ancien compagnon de reître et lansquenet ; terrible combat l le sanglie^ des Ai;denn«s fut poursuivi et traqué par la bande des chasseurs allemands, qui firent pai*tout retentir le cor de Souabe^. La principauté de Sedan et le duché de Bouillon bientôt ravafi;és. Robert de La Alarck aux abois préféra s'adresser pour une trêve à Seckinghen, son compagnon de bataille , plutôt qu'à l'empereur. Seckinghen lui accorda six semaine^ de répit, parce qu'il espéra le rappeler à la cause allemande : « Si longtemps ils avoient combattu l'un près de l'autre, qu'ils ne dévoient plusse separer. » Ainsi parlait Seôkinghen. Mais Robert de La Marck avait d'autres desseins, et, puisqu'il s'était lié à la France , homme d'énergie , il tiendrait son serment avec fidélité.
Les rapides succès sur le fier représentant de la jn^ison de Bouillon avaient rempli d'audace les Al-
* Du Bellay, liv. I.
ET l^ ïllOî^fNCE. it^l
lemandp , et tpus yoiilaient m^rcbei: ^^ cçQur dç la Franç^. Un^ fois le ga^n^eté, la gRerye devait g'?W>complir , tenace et ^fj^tp ; ils ayaieuf çle yî^ux gçiefc depuis Bovipjps! pn ^pyait punir l§ présomptueuse chpyalene ^e pfaugpis ][«'. Eq yaij^ }q yp^ dp Fraftçp âvaitr^il désavoué Ilpberf 4? f^ Af^^ * V 4éplaraat gue son putrepçisp téméraire n'étoi| ni (^pimq^AdQp ni sijsoitée par lui, » Nul ne voulut Iç wpjrfi.: « car Robert (}e La ]y^a^ck éto^t désayoué pfu;ç.e qu'il étoit poursuivi et traqué. » Les AUçni^pds pQH^^tèr ren^ donc à soutpnir la guerre, sq^s \^xix ^h^î \f comte de Nassau, de la prison d'P.^angci, qu9 ÇlpLai:|es-Quint avait attiré à lui par d^^ réçQppeQPSP militaires, capitaine vaillant ef pxpérif^çuté. On^ était alors à ce poin^ où Ips l^osf ilités viennent §eulggy parce que la caui^e eq esf pour ^^içg^ dirç dan^ l'air; le moinç^re ipci^pnt ^çyient mi fait capital; on Le saisit comme unp c]ircofl§tance favoi:al>le, pftî^ se précipiter £^ main ^vjçoLée Tun sur Vautre .(iesAll^ mands, sans rçspecte^* les frontières , vinrent fairp des dégâts jusqu'à Mousson : a^ milieu ç[e^ prot^fhtations pacifiqvies , pq v^t tout ^ cqup \^. Qointe 4? Nassau s'avancer avec quelques bande? poyr çuç^ prendre la ville et briser ainsi Tétat de paix. Une autre troupe de Flamands s'avança sur Tournay :
IW FRANÇOIS I*
France et Allemagne étaient aux prises; la maison de Bourgogne allait une fois encore se trouver en face de la royale lignée de France.
Cette irruption de l'ennemi , depuis longtemps prévue ^ trouva le royaume tout prêt à une résistance ; François P' avait déjà réparti l'élite de ses hommes sur les frontières et donné le commandement de ses provinces savoir : au duc de Vendôme , la Picardie; au duc d'Alençon, la Champagne; la Guyenne, qui devait servir de poiùt d'appui à la guerre de Navarre , fut confiée à l'amiral Bonnivet. Enfin, la campagne aventureuse ^ celle qui plaisait tant à ces cœurs, à ces imaginations, au delà des Alpes , en Italie, au Milanais , dut être conduite par Lautrec , bon général , hardi comme son maître le roi * . Partout le ban et Tarrière-ban fut convoqué, vieille coutume lorsque l'invasion devenait menaçante; une simple lettre du roi obligeait la noblesse à prendre les armes; les hérauts proclamaient la guerre , et les lances devaient se montrer épaisses, sous l'étendard royal; l'argent fourni par Gênes, les impôts levés sur la bourgeoisie, avaient suffi pour solder des bandes nombreuses de reîtres et de lans-
• «DuBellay, liv. I^
ET Li RENAISSANCE. Iftd
quenets^ et un corps considérable de Suisses * s'avançait par leDauphiné pour le service du seigneur roi. Naguère vaincus à Marignano, ils s'étaient alliés au roi et venaient servir avec respect sous son drapeau fleurdelisé. Cette armée avecbacinets et cuissards, l'arquebuse au long canon sur l'épaule , partout où elle passait gardait une bonne discipline , ainsi que cela était commandé par les ordonnances. Dans un premier effort de guerre , il y a toujours en France des ressources immenses; l'enthousiasme, digne élément des batailles, était fort grand, et nul ne manqua à la convocation du ban et de l'arrière-ban, quand la trompette se fit entendre.
* Lettre de François /*" aux Suisses, — Mss. de Béthune, vol. coté 8488, fol. 42.
a Très chers et grans amys ; nous avons esté advertys que Tesleu roy des Romains vous a escript que voullions faire la guerre contre la comté de Bourgogne et le sacré empire , et qu'il ne povoit croire que en telles choses nous voulussiez assister, actendu qu'estez membres de TEmpire et que avez ligue et confédération héréditaire à la maison d'Autriche et de Bourgogne. Très chers et grans amys s'il nous convient entrer en guerre avec led. esleu roy des Romains, ce sera a notre très grant regret et desplaisir, mais ainsi que croyons avez sçeu, il nous a deffyés par escript sans cause ne raison en venant contre les traictés entre nous faicts, et mectant son deffy en exécution a envoyé gros nombre de gens de guerre aux extrémités de notre royaume qui ont couru et pillé nos pays et ont assiégé et print Me&sancourt, tenu en foy et hommage de nous,
IjM) FRANÇOIS P'
Cependant lés soudards allemands avaient passé h. Mensë sur quelques points, malgré d'héroïques défenses; et la petite place de Mousson tombait entré létird mains ; ils désiraient ce poste militaire , et ericdre Mézières plus que la petite cité, afiii de s'empiarèr du cours de làMëùse, et de pénétrer librement dans la Châihpagne. Â Mézières il y avait pour garnison les deux compagnies des gens d'armes de Mohtniorency et de Bayardj avant que l'ennemi eût àtteiiit la frontière , les braves capitaines avaient écrit au roi, leur souverain seigneur, pour hii annoncer l'approche des bandes germaniques j et , avec toute la fierté et la noblesse dé leur ca-
auquel ont trouvé trois de vos compaignons , lesquels ont cruellement et ignominieusement contre le devoir de la guerre faict prendrë et estrahgler; et ont dict que autant en feront de tous ceuk des vôtres que trouveront ainsi que nous a esté rapporté. A ceste cause pour notre deffense, comme provoqués et assaillis par escript et de fait, avons fait quelque assemblée de gens de guerre sur les çonBns de notre royaume, ainsy que raisonnablement pouvions et devions faire; en quoy faisant n'entendons avoir guerre avec le sacré empilée avec lequel la maison dé France de tout temps et ancienneté est en ligue et confédération, ainsi que nous avons escript et faict entendre aux électeurs de TEmpire et pareillement aux villes impériales. Votre bon amy Françoys. »
II en résulta un : « Traité d'alliance entre le roy François I**" et les villes et seigneuries, de la grande ligue de là haute Allemagne : assavoir : Berne , Luceme , Ury, Schwitz , Underwalden , Zung ,
ET LA RENAISSANCE. 15l
pÉctère, ils avaient déclaré que le roi pouvait se feer àeuX; qu'ils ne rendraient pas Mézières, place quelâ nature avait fortifiée autant que l'art. La Meuse formé àutoùi* d'elle comme iiii long serpent qui l'ehlàcé, él de hautes murailles protégeaient encore ce fossé naturel ; puis Bayârd et Montmorency y comniandaient : c'est ce que narraient le capitaine Jean Picard, fameux par ses pilleries, et qui alors, assise côté de Seckinghen et du comte de Nassau, devisait sur les beaux faits et gestes de France, Le capitaine Jeati Picard, serviteiir autrefois de Louis XÎI, a^aîl vu Bàyàrd à l'œuvré; aujourd'hui aii service de l'Empereur, il montrait îme grande énergie, tôiil; en gardant pour la France lin pieux respect: Mézières devint le rendez-vous de toute là noble chevalerie; Montmorency, qui avait donfaé le signât; vit accourir sous son gonfanon plus de mille gens d'armes, et il fallait bien qu'il y eût des hommes de coeur, car le prince de Nassau était à la tète de six
Glaris , Basles , Fribourg , Soleure , Schafausen et Appenzell, eiir. semble Tabbé et ville de Gall et les pays des trois ligues grimes et de Valay, et les villes de Mulhusen Rotmil et Biel d'autre part. A Lucerne, l'an 4521 , le 7 may. ». ,
Bib. du Roi, invent. — Mss. du trésor des Chartes, vol. vin, coté 9425,^315.
mille Flamands, et Seckinghen conduisait douze mille lansquenets. Les bombes éclataient de tous côtés ; les flèches enflammées, les bouts de lances, les pierres et les balles pleuvaient sur la ville , et nul ne parlait de capituler. Il fallait donner le temps à François V de s'avancer dans la Champagne vers Mézières, devenu le point important; et c'est pourquoi Bayard et Montmorency multipliaient leurs héroïques exploits pour sa défense * •
Bayard n'était pas seulement un brave capitaine ; sans être un tacticien remarquable , il n'avait pas fait la guerre si longtemps en Italie , sans savoir que la finesse est aussi utile que la bravoure; et il joua un bon tour aux Allemands. L'armée qui assiégeait Mézières se composait de Flamands, gens crédules , sous le comte de Nassau, et d'Allemands
' Voici de curieux autographes sur le siège de Mézières.
Lettre du chevalier Bayard au roi. — Bibl. du Roi^ Mss. de Béihune, n<> 8500, foi. 21. (Autographe.)
« Sire tant et si très humblement que je puis me recommande à votre bonne grâce.
a Sire j'ay receu la lettre qu'il vous a pieu m'escripre par laquelle me faictes scavoir que Mons. d*Alençon vous a escript la bonne vo« lonté que j'ay à vous faire service et mesmement en l'affaire de. Mesieres là ou je suis venu ou j'ai trouvé Mons. Dorval lequel n'en
de la Souabe , joyeux compagnons , mais jaloux et surtout méfiants, sans aucune sympathie pour les gens de Flandre. Bayard savait que ni chefs ni bandes ne s'aimaient, et qu'ils saisiraient le pre-* mier prétexte pour se séparer les uns des autres. Dans cette circonstance , le rusé chevalier fait écrire une lettre en forme d'avis, dans laquelle on annonçait la trahison prochaine des Flamands. « Le comte de Nassau , y disait-on , n'attendoit que l'ar* rivée de 1 2 000 Suisses pour se séparer de la cause de l'Empereur, et laisser égorger les Allemands, sans leur prêter ayde.» Le paysan, porteur de cet avis, eut l'ordre de se laisser prendre par les troupes légères de Seckinghen; il obéit, et les Allemands se crurent trahis. Comme gens qui reviennent d'un rêve , ils n'eurent de repos qu'après s'être
a point bougé et y a donné si bon ordre que je n'y auray pas grand peyne. Toutleffois si Faffaire y venoit là ou ailleurs vous me trouverez vray gentilhomme.
a Sire je prie a Dieu qu'il vous doint très bonne vie et longue. A Mesieres le xiii d'aoust.
« Votre très humble et très obéissant subjet et serviteur
« Bàtart. »
Lettre de Montmorency et de Bayard. — Bibl. du Roi, Mss. de Béthune, n^'SiSVjfol. 48.
a Mons, nous avons receu votre lettre et sommes trèsayses de ce
séparés des gens de Flandre; et c'est ce que vbiilait
le rusé capitaine Bayard.
Alors on annonça Tapproche de l'armée de Champagne que François P' (conduisait en personne. La garnison de Mézièrès, en signé de joie, lança quelques canonnades, qui enfilèrent des rangs entiers de Flamands et d'Allemands en retraite. Dès que le roi eut salué les murailles de Reims, le duc d'Alençbn, (![u\ commandait l'avant-garde , se détacha J)our jeter des vivres et mille soldats des bandes suisses dans la place de Mézièrès, ainsi largement ravitaillée. Le coup de l'ennemi fut manqué ; ihais les plus braves chefs des compagnies avaient lii dans les romans de chevalerie qu'il y avait honte à ne point engager de tigoureilx coinbats corps à corps , à fer aigu et bien tranchatit j et l'on
que les forces du roy sont ensemble, vous advertissant que depuys deux ou trois jours nos ennemys ne nous ont pas tant pressez d'artillerye comme ils faisoient par avant et ne sçavons si c'est par fautte d'amoneyon ou de crainte qu'ilz ont de Tannée dud. seigneur.
(( Au surplus Mons. quant à ce que nous mandés si nous pourions tenir jusques vers la fin de ceste sepmaine, nous ne vous y mettrons point de terme, mais vous supplions croire que ce sera tant que notre honneur et noz vies pourront s'estendre pour le service du maistre qui sera la fin de notre lettre ; suppliant Notre Seigneur ,
vit s'avàriceir iiri héraut d'armes , monté sur un beau cheval caparaçonné. Dans le camp des Flamands, lin nravie cônite défie la chevalerie française; il porte les armes dé Bourgogne écàrtelees d'Ègmont; issu de bonne race, on ne put relfuser son défi. A sa face ; un iiutre beau blason s'avance de Mézières : Dieu soit en aidé au premier baron chrétien. C'est Moritinoréhcy qui le porte. « Comte d'Egmont, j'accepte ton défi. » Telles sont ses paroles : les khces se croisent , les épées scintillent , et niil iié remporta l'avantage; d'Egmorit et Montmorency Brisèrent deiit lances et furent renversés dans là poussière. Ensuite le capitaine dé Lorge^ dii côté des Français, propose aux Flamands un côinbat à la pique , accepté aussitôt par le noble sire de Vaudrey ; la race de Vaudrey , bourguignonne
Mbîis. vous dôiitiier tien Bbiine et longue vie. A kéiières niarily à dix heures de nuyt.
a Vos plus humbles serviteurs
« Montmorency et Batart. *
a Au dos. Â Moiis. Mons. le tnàrèschal. »
Lettre de Bayard et de Montmorency à M. le duc d'Alençon. — Mss. de béthune, vol. coté 8493, foi. 44.
a Monseigneur, ce jourd'huy environ l'heure de midy sont venuz quinze ou seize enseignes de MM. les Bourguignons devant ceste ville à ung gect d*arc près de nous, toutesfois ne nous ont point encore salluez d'artillerie , combien qu'ils nous ont assiégés de deux
d'origine ; attachée d'abord à la noble Marie ^ la mère de Charles-Quint, était passée au service de l'archiduc et puis à celui de l'empereur. Noble passe d'armes, de laquelle tous deux se retirèrent blessés et en gardant leur honneur.
La première entreprise de Charles-Quint contre la monarchie n'avait pas réussi ; et comme le dit François V dans une lettre écrite à sa mère : « Notre Seigneur, avec sa sainte croix, venoit de montrer qu'il étoit bon François. » Mais le plan d'attaque contre les frontières s'étendait sur une plus vaste ligne; la trouée par Mézières, qui avait pour but de marcher par Reims sur Paris, se liait essentiellement, à une expédition sur la Picardie , frontière
oostés, et croy que ce n'eussions brullé les faulxbourgs qu'ils fussent de ceste heure dedans. Nous vous en avons bien voullu advertir pour vous faire toujours entendre de nos nouvelles vous advisant Mgr que l'argent est venu si bien a point que n'y a nul en la compagnie qui n'ait merveilleusement bonne volonté de bien servir le roy.
« Mgr, nous plaira d'entendre tousjours nouvelles de nos ennemys pour vous en advertir ensemble de ce qui surviendra le plus souvent, que nous pourrons qui sera fin de lettre suppliant Notre Sgr, Mgr, vous donner très bonne et longue vie. A Mézières ce vendredi au soir.
« Vos très humbles et très obéissans serviteurs
* Batâkt, Montmorency. »
nord de la France. L'ennemi avait ici poussé vigoureusement la campagne; comptant sur la prise de Mézières, il désirait établir sa ligne de communication par Verdun et Guise. Les Flamands , troupes sans discipline, composées de gens des communes, fort haineux et fort avides, s'avançaient en désordre espérant la nouvelle d'éclatants succès en Champagne; loin de là, ils apprirent la pleine retraite de Sickinghen et du comte de Nassau * j ceci jeta du désordre dans les rangs. La chevalerie de France prit*, dès ce moment, une initiative vigoureuse et
passa la Sambre et l'Escaut, pour menacer les Paya- Bas, tandis que Bourguignons , Flamands et Allemands opéraient leur retraite avec rapidité. Inquiet, soucieux, Charles-Quint en personne vint à Valenciennes , désormais le centre de toutes ses opérations militaires ; et ce fut là que François P' résolut
* lUUrz circulaire de François I" sur la levée du siège de Mézières par les impériaux. — Bib. du Roi, Mss. de Béthune, n° 8467.
« De par le roy, a Très chers et bien amez nous avons esté présentement advertiz que nos ennemiz et de notre royaume estans en grand nombre tant de cheval que de pied , et grosse bande d'artillerie devant Mézières et l'avoir img moys durant tenue assiégée, voyant les provisions par nous faictes pour assembler en toute dilligence toute notre force , et autres choses nécessaires à la conduite d'icelle , et
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de l'attaquer , selon l'avis de Boyard , combattu p^ arrêté par la majorité des apures capitaines satisf^^i^s d'avoir préservé la frontière des malheurs de Yin-r yasionj il se fit en France un mouvement patriotique très-remarquable sous l'impulsion de l'esprit chevaleresque de François 1", à cq p?iot g^^e ]['on vit dqs jeunes filles lutter corp^ a corps jiyeç des chevaliers, Qt le cri de nationalité se fit eqtendce depuis l'Oise jusqu'à l'Çscaut. Il n'y eut pç^s v^n gentilhomme qui ne fît noble^ieqt son dç^vqir^ ains| que cela se doit.
Dans les Pyrénées , l'armée de Fra^çie 9,vai|i pç:^8 l'initiative, afin dq soulever la Navarre et de men^cer la Gastille. La précédente année on avait perdu des batailles sur les frontières du Midi, et le comte d'Espare n'avait-il pas été obligé d'abaisser soa épée devant un comte castillan ? Le commande-
ayant à leur barbe mis dedans la d. ville de Mezières le s. de Lorges avec mille hommes de pied desquels il a la charge sans ce qu'ils ayent fait aucun semblait de le VDulloir empescher , ayahs pareillement en nouvelles par leurs espies de la délibération par nous prise de marcher et lioùs mèctre en camp pour les apprûucher , et que pour le faire avons fait dresser led. ëamp , et pris en icelluy logement pour toute notre d. forcé et armée, qui est de
deux mille hommes d*armes , douze mille Souysses et vingt quatre mille hommes de pié francoiys avec grosse bande d'artillerye , et
ment était tombé aux mains d'un simple capitaine de gens darmes, du nom de d'Estissac^ de la race des Talleyrand-Périgord, et ce capitaine, avec le ban et l'arrière-ban de la Guyenne , défendit Bayonne , Saint-Jean-de-Luz , et put arrêter les Espagnols au^ Pyrénées. C'est à ce moment que l'amiral Bonnivet survint avec les ordres de François P' pour prendre le commandement de la chevalerie de Guyenne et des compagnies qui suivaient d'Estissac; quatre mille lansquenets, sous les ordres du comte de Guise, vinrent joindre Bonnivet ; fiers hommes vêtus de noir, couverts de fer. Presque toujours les lansquenets, soldats d'Allemagne , étaient employés en Italie ou sur les frontières d'Espagne ; nés sur les bords de la Meuse ou du Rhin, enfants de Lorraine ou de Souabe, ils n'aimaient pas rougir leurs glaives dans le sang germanique : aussi s'en donnaient -ils à cœur joie
ayant fait les d. ennemys le plus grant et le plus gros effort qu'il est possible de faire contre cette ville, et y avoir tiré quatre mille coups de canon et longues coulevrines , et fait bresche raisonnable pour y donner Tassault^ n'ayant jamais Tosé entreprendre ne exécuter quelque apprést qu'ils eussent fait sur le bord du faussé tant d'eschelles de fagot que autres choses à ce requiser. Et après avoir fait tout ce que faire se pouvoit jusques à les assaillir et assayer d'y entrer : hier matin sçachant que nous estans sur notre partement pour aller en notre camp et le rapproHcber, ils se sont levez, deslogez et retirez honteusement..., »
contre les Italiens et les Espagnols ; eux à la chevelure blonde y à la langue gutturale^ aimaient à se rencontrer face à face avec les enfants noircis sous le soleil de Naples ou de Castille ; c'était haine de races, et ce chevalier de Guise qui les guidait, issu de la maison de Lorraine , fut depuis appelé à de grandes destinées. Hardis capitaines, plus d'une fois, alla de conquérir leur popularité catholique, les Guise avaient lutté contre les ennemis de la France. Ils passèrent donc les Pyrénées, tous, chevaliers de Guyenne, lansquenets du duc de Guise, Basques et Navarrois, et ils vinrent assiéger Fontarabie (la fontaine des Arabes), souvenir de la domination musulmane. Là un digne comte du nom de Duras fit des prodiges, et Fontarabie se rendit à la cheva^ lerie de France * .
* Lettre de François I" à Vamiral de Bonntt^et.— - Mss. de Bé^ thune, vol. coté 8492, f» 47.
a Mon cousin, en ensuyvant ce que je vous ay puis naguèresescript, j*ay dépesché Mons. du Lude pour aller devers vous et luy
ay baillé la garde et totalle charge de la ville de Fontarabie
pourvoyez y si bien qu'il n'en viengne point d'inconvénient , et quant à la repparacion qui est et sera nécessaire , si a son arrivée il y reste quelque chose et qu'il luy semble quelle se doive faire, je vous prie quelle se face , et qu'on n'y espargne rien , car pour estre la d. ville de l'importance qu'elle est il fault faire toutes cho-
Ainsi était la guerre ^lorsqu'il fut annoncé partout que des conférences allaient se tenir à Calais , pour préparer les éléments d'une paix. D'après les stipulations du traité de Noyon ^ François P"" et Charles- Quint avaient accepté l'intervention de Henri YIII pour apaiser leurs différends infinis. Dans la position que l'empereur et le roi de France s'étaient respectivement faite ^ ils avaient le plus grand intérêt à ménager Henri y 111; car si le roi des Anglais se prononçait pour l'une ou pour l'autre des parties^ la cause serait gagnée. Henri YIII , roi bizarre ^ impérieux , changeait capricieusement de principes ; auprès de
lui on espérait peu de sécurité et de suite dans les idées; mais son ministre de confiance, l'homme^éminent de son conseil, le cardinal d'York, était l'objet spécial de toutes les prévenances, de toutes les ca-
sed pour la conserver et garder en manière que jamais elle ne puisse tomber en mains de nos ennemys, et pour ce je vous requiers qu'on mecte paine de la mectre en toute perfection et au regard des vivres qui y seront requis, combien que je soye seur que pour Ten pourveoir, vous y avez fait et ferez toute dilligence , ce néantmoins si à Tarrivée du d. s. de Lude il luy semble qu'il y faille encores quelque quantité pour ce qu'on luy en satisface, ensemble de toutes autres choses qui demandera. Et qu'il n'y ait point de faulte , et vous me ferez plaisir. Priant Dieu mou cousin qu'il vous ait en sa sainte garde. Ëscript de Moussy, le lyi* jour de novembre. »