‹ François Ier et sa courChapitre 18 sur 28 · De Suhtilitate ad Cardaniinit p. 307, num · texte numérisé non relu

De Suhtilitate ad Cardaniinit p. 307, num

rarîstocratie. et non pas la royauté. > Et le roi, ne Toobnt plos entendre parier de Bigot, Tenvoji cooimenter stm Aristote à racadémîe de BQdks. Ce?t Mélanchthon qui nons fait ce récit. Galhnd dit que Mélanchthon aTait Tesprit crédide, et qaH s*est laissé tromper par de Ginx rapports.

Quoi qu*il en soit , Ducliàtel conserra sa place 4e lecteur et devint de jour en jour un perscmnage plus considérable. François, Toulant le Caire érèqne de Tulle , lui demanda s'il était noble : « Sire , ripondit-il , Noé dans Tarche avait trois fils ; je ne TOUS dirai pas précisément duquel je suis descendu. » Celte repartie libre et ingénieuse noos prouve quelle était la familiarité de Ducbâtel avec le roi. François, qui portait avec orguefl le titre de premier goiitiihomme de France, n*eût gaère permis h d'autres de traiter aussi légèrement une aussi grave question que celle-là. Ducbâtel fat évèque de Tulle, puis de Mâcon. Ce fut lui qui remplaça Budé comme maître de la librairie du roi.

Tous les historiens ont parlé du zèle qu'il déploya dans la fondation du collège de France. S avait fonné , "pour rétablissement de ce collège , de ' vastes pians, que le roi, dans sa libéralité pour les lettres , ne jugea pas trop dispendieux , mais que les trésoriers des finances ne laissèrent pas exécuter. Il réussit du moins à faire nommer et doter

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les professeurs. Il fajlut bien alors, malgré rUmversité , leur donner des ehaires. On leur en donna, et les auditeurs ne leur manquèrent point L'Université garda bien quelque rancune à Duchâtel de ce qu'il avait fait pour le collège de France ; il lui rendit cependant, dans une circonstance mémorable , im grand service. Les écoliers de Paris s'étaient mutinés , et la nouvelle de cette sédition avait alarmé la cour, François ne sup'porlait pas \olontiers que son autorité fût méconnue. On crut le flatter en lui disant qu'il fallait, pour prévenir désormais ces émotions séditieuses, supprimer les collèges ou y terdr les écoliers enfermés. Mais Duchàtel plaida si bien la cause des écoliers et des cofaéges , qu'il la gagna, •< ^

En des circonstances plus graves, quand il s'agissait des premiers intérêts de l'Etat , Dudiàtel n'avait pas un langage moins libre et moins franc. Au plus fort des guerres entre la France et l'empire, quand le défaut d'argent paralysait toutes les opérations de nos armées et nous livrait presque sans défense aux invasions audacieuses tle l'ennemi, le chancdier Poyet dit au roÎAffu'il pouvait sans scrupule puiser .daos-l^ bourse ^de ses së^s,

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augmenter toutes les, taxes, en créer de nouvelles , en un mot, prendmc%ious lieux l'argent qui lui manquait. C'était là, suivant Poyet, le droit royal, jvs refium , mlhien défini par le prophète Samuel.

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Duchâtel ne put entendre professer de telles maximes sans ressentir une vive indignaliqa, et ne s'inquiétant pas de la contenir : « Votre langage, dit-il au chancelier, aurait eu le plus grand succès, je n'en doute pas, à Ja cour de Thyesle, de Néron et de Caligula; mais ainsi parler aux oreilles d'un prince qui gouverne son peuple en respectant les institutions et les saintes règles delà justice, c'est un crime, c'est un grand crime. Distinguez les ty^'ans et les rois. Le tyran attire tout à lui , soit en I torturant les lois, soit en. les supprimant : le roi les observe, et, prenant conseil en toute chose des premiers de son royaume, c'est à Tutilité publique qu'il doit tout rapporter. Oui, assurément, il peut se présenter d'assez mauvais jours pour que les rois soient obligés d'avoir recours à la bourse de leurs sujets; mais ils ne peuvent alors en user que pour un temps, et dans les circonstances les plus périlleuses pour le salut public : encore faut - il qu'ils aient pris l'avis des états, et que les états aient eux-mêmes accordé le subside réclamé par les grands besoins de la patrie. » Nous abrégeons un peu ce discours et nous en adocu^ssons les termes. Galland, qui nous l'a transmis en latin, nous est suspect de l'avoir embelli de quelques fleurs. Quoi qu'il en soit, François le trouva bon, et, laissant Poyet déVOrer la cruelle injure ^ujjj^ venait de recevoir , il se tourna vers Duchâtel et

félicita. Les lois furent respectées. Rarement Duchâtel donnait son avis sur les affaires de l'État, quand le roi ne l'interrogeait pas ; mais le roi l'interrogeait souvent , comme le plus honnête homme de sa cour, et le plus sage.

On dit à son jéloge qu'il protesta de toutes ses forces contre l'intervention du pouvoir civil dans les affaires de la i*eligion. La cour était divisée entre le parti de la tolérance et celui de la persécution : Duchàtel se faisait remarquer par la véhémence de son langage contre les prélats hypocrites, qui ne songeaient à Dieu que pour réclamer des supplices en son nom.

Le cardinal de Tournon lui reprochant d'avoir combattu son avis dans une affaire où il s'agissait de la vie de quelque pauvre luthérien : « J'ai parlé en évêque, lui répondit Duchàtel, et vous en bourreau. »

Il eut plus d'une prise avec les théologiens, et, pour employer une locution du temps , il les rabroua souvent de la façon la plus rude. Chaque jour ceux-ci dénonçaient au roi quelque nouveau sectaire : tout leur était prétexte pour accuser et pour demander des exécutions. Duchàtel les comparait à ces chiens du Capitole, dont parle Cicéron dans son discours pour Roscius, qui, ne sachant pas distinguer les voleurs des honnêtes gens , . aboyaient la nuit après tous les passants. Il fit

lout ce qu'il put pour préserver de leurs fureurs les Vaudois de Cabrières et de Mérindol , et il parvînt du moins à retarder longtemps Texécution de Tarrêt suspendu sur leurs têtes. N'oublions pas de l'en féliciter.

Sleidan et Jacques de Thou i}ous ont laissé de lamentables mémoires sur cette sanglante affaire. En voici le résumé : « Cabrières et Mérindol, bourgs situés en Provence, à l'extrême frontière du comtat Venaîssin, étaient habités par les derniers débris de la grande famille des VaudoiB. Le souvenir de la persécution cruelle qu'avaient endurée leurs pères avait à jamais séparé de l'Église romaine ces pauvres gens, d'ailleurs peu versés dans l'étude des problèmes dogmatiques. Vers Tannée 1530, ils furent visités par des missionnaires luthériens, et reçurent d'eux les éléments de la nouvelle doctrine. Quand le récit de cette agitation religieuse parvint aux membres du parlement de Provence, le président Chassanée cita devant la cour divers habitants de Mérindol, signalés comme ayant fait profession publique de luthéranisme. Ils refusèrent de comparaître. C'est alors que fut rendu l'arrêt du 18 novembre 1540, aux termes duquel tous les habitants de Mérindol furent condamnés au feu et leurs biens confisqués. Il s'agissait d'envahir quelques bourgades avec une légion d'assassins , de porter la flamme sous tous les toîts et

d'ensevelir dans le même tombeau, sans aucune ^ pitié , sans aucun choix , sans dislinction de sexe el d'âge, plusieurs milliers de victimes. Mais vainement les archevêques d'Arles et d'Aix soulevaient les passions avec un zèle farouche et promettaient de contribuer pour une forte part aux frais de l'expédition ; les juges eux-mêmes reculaient avec effroi devant les suites de l'arrêt qu'ils avaient prononcé. C'est alors que Guillaume du Bellay, qui remplissait en Piémont les fonctions de lieutenant du roi , prit hautement la défense des condamnés, et obtint une déclaration du roi, datée du 18 février 1541 , par laquelle trois mois étaient donnés aux gens de Mérindol pour abjurer leurs erreurs. Ceux-ci demandèrent humblement que leur cause fût examinée par les juges ecclésiastiques : ils ne pouvaient, disaient-ils , et à bon droit, se reconnaître coupables d'hérésie et désavouer l'opinion qui leur était imputée, tant que cette opinion n'aurait pas été soumise à l'épreuve d'un examen sérieux, d'une controverse publique. Les habitants de Cabrières se joignirent dans cette requête à ceux de Mérindol *. » C'était simplement demander un nouveau délai. On ne devait pas, ils le savaient bien, leur permettre de justifier en public leurs sentiments hétérodoxes , et ils ne pouvaient atten-

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