‹ François Ier et sa courChapitre 20 sur 28 · Recherches sur la France, livre VII · texte numérisé non relu

Recherches sur la France, livre VII

2. Le premier exil de Marot eut lieu en 1534. On sera peu^t-être , curieux de savoir quels furent, à CQtte date , ses compagnons d'infortune. Nous lisons dans la Chronique conservée par Gaignièr es, ^.122 :

« Aucuns dudit Paris qui étoient soupçonnés de ladite hérésie (luthérienne) s'absentèrent, et, voyant par MM. de la justice dudit Paris qu'on ne les pouvoit avoir autrement ne appréhender , furent ajournési^'%,m||6 briefs jours à peine de bannissement, à ^ son de trompa ëii li|iji|Uiière accoutumée, desquels les noms et prénoms s'ensuivèèt :'-.

« M* Pierre Le Carrole, docteur en théologie.

« M« Jean Le Rentif, dit le prêcheur de Bracque, prêtre séculier.

« Frères François Berthault, Jean Coirault, François Quartier, Macé Richard ; augustins.

« Clément Marot.

« M' Jean Rouault, principal du collège de Toumay.

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terre étrangère , chassé de France pour avoir Iraduit en vers français les psaumes de Dayîd» La Sorbonne estimait que c'était une impiété. En réalité , le poète se souciait peu d*être bon catholique. La cour le laissa persécuter ; le roi lui-même ne fit pas de grands efforts pour le garantir des foudres de la Sorbonne : cependant il aimait à fredonner ses rimes impies, et la cour le nommait son poète. On trouve en effet, dans le recueil de ses œuvres, des vers sur tous les événements et

« M* Mederic Sevin.

« Le seigneur de Roignac et sa femme.

<( Le sieur de Robertval, lieutenant du maréchal de la Marche.

« M* Tristan Boislard , sieur de Fleury en Bière.

u Damoiselle Françoise Bayard, veuve de feu M' André Porte ,

conseiller.

€ M* Pierre Duval, trésorier des Menus-Plaisirs, a René, son secrétaire.

n Jean Duval, garde de la Muette du bois de Boulogne, a Guillaume Deschamps, cuisinier de M** Jean Duval, changeur

dû Trésor.

« Guillaume G«y, dit rece>eur de Vemay.

• M* François Matu, graveur.

« Christophe Hérault, marchand.

a Marin Leblanc, marchand.

a M* Mathurin Cordier, qui a tenu les écoles à Nantes.

« Un nommé Johannet, chantre.

« François Drouin, orfèvre.

« Jean Pinot, hôte de la Clef en Grève.

• M*' Guillaufflô Ferret.

« M*" Cholin, relieur de livres.

« Jérôme Denis , relieur de. livres.

M M* Simon Duiïois, imprimeur.

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presque sur tous les personnages considérables de soa teinps.

Mellin de Saint-Gelais , fik d'Oclavien, Tévêque d'Angonléme^ était abbé de Reclus et aumônier du dauphin Henri. Son vers, plus obscène que celui de Marot, était aussi plus caustique. De son temps on l'appela YOvide français. Marot nous représente le dernier- né de ces enfants sans souci ^ dont il a chanté l'heureuse vie : plébéien de mœurs et d'esprit, il avait hérité de la naïveté gauloise. Mellin

ce Jean ^icolle, imprimeur. é

a Un suniommé le Balafré , imprimeur.

flc Jean Lefebvre, dit le tailleur d'hist«»res.

o Un surnommé Barbedorges, contre-pointeur de livres, suivant la cour.

« Simon Padlard, tonnelier et menuisier.

oc Pierre de. La Salle, cordonniw.

ft Un nommé Simon et sa femme, sœur de feu Barthélémy Milon, dit'le Paralytique. ^

« Quentin François , cuisinier.

« Claude BerberiiT, clerc des financesr

« James Du Chastel.

« Léon Jamet, aussi clerc des finances, eompagnon de Clément Marot.

« Élouin Dulin, receveur du parlement 1de Rouen.

« M« Thomas Berberin, natif de La Côte , en Dauphiné.

a Un nommé Paschalis, natif de Henon.-'énDauphiné'.

« Un nommé François, dudit Dauphiné.

« Un jeune moine nommé Guy de Lava,l, d'auprès de Grenoble en Dauphiné.

<( Gaspard^ Charnel, natif de Saint^Harcellin en DaupMiné.

« Un nommé messire Jean,

« Frère Nicole Martelv apostat céles(in, appelé le Prédicant. »

de Saint-Gelais était d'un autre sang : le ha^sard, qui Tavait fait aumônier, Teût fait aussi bien page de quelque prince ; il était né gentilhomme. Il faut entendre cet homme en robe noire moralisant une dame nouvellement arrivée à la cour :

Si du parti de celle voulez être Par qui Vénus de la cour est bannie , Moi , de son fils ambassadeur et prêtre , Savoir vous fait qu'il vous excommunie....

Voilà le ton de ses petits poëmes ; leste galanterie, propos libertins et souvent cyniques. C'est, disonsnous, un vrai gentilhomme. Mais qu'on le raille, qu'on le blesse, aussitôt il s'emporte en fieras invectives. Marot, qui ne manquait pas de courage, comme il l'a prouvé dans les champs ûinèbres de Pavie , Marot baisse la tête lorsqu'on l'outrage : il est de la race qui supporte les injures, ou ne s'en plaint qu'en versant des larmes, pour exciter la pitié. Mellin touché riposte avec l'altière aigreur d'un Bourbon ou d'un Montmorency. Il est ou croit être de leur famille.

François avait de fréquents entretiens ayec Mellin de Saint-Gelais. Il aimait le tour de son esprit et faisait souvent avec lui des assauts d'impromptu. François disait un jour, en regardant son cheval :

Joli , gentil , petit cheval , Bon à monter, bon à descendre.

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A quoi Mellin , continuant le même propos , ajouta

sur-lerchamp :

p Sans que tu sois un Bucéphal ,

Tu portes plus grand qu'Alexandre.

Tels étaient leurs passe-temps. Mellin avait d'ailleurs une conversation variée. Élève des écoles de Poitiers et de Padoue, il savait le droit, la philosophie, les mathématiques. A la cour, bien des gen^ le préféraient à Marot; opinion que la postérité n'a pas ratifiée.

Ronsard, qui devait les faire oublier quelque temps l'un et l'autre, parut aussi, jeune encore, à la cour de François !•'' ; mais ce n'était qu'un obscur débutant. Il s'exerçait à changer le ton de la poésie française, en d'autres termes, à l'ennoblir; car il * trouvait Marot et Mellin prosaïques et grossiers. C'était le sentiment de son maître , jQan Daurat , et de son patron , Lazare de Baïf.

Jean Daurat et Lazare de Baïf étaient aussi l'un et l'autre de la cour; 'mais ils n'y marchaient pas de pair. Daurat, simji>le précepteur, ne mangeait que la desserte des tables où l'ambassadeur de France à Venise, Lazare de Baïf, avait occupé l'une des places d'honneur. La maison de Baïf était une des plus nobles de l'Anjou. Fils de Jean de Baïf et de Marguerite Chasteignier de La Roche-Posay, Lazare avait embrassé l'état ecclésiastique, et, en

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