‹ François Ier et sa courChapitre 21 sur 28 · AA · texte numérisé non relu

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attendant qu'on le pourvût d'un évèdié, il élrit allé faire une course en Italie : au retour, François I" l'avait accueilli de la manière la plus gracieuse ; et, comme il était gentilhomme et savait le"*' grec, il l'avait nommé protonolaire. Il l'envoya plus tard représenter la France près des États de Venise, à la cour d'Espagne, et en Allemagne, à la diète de Spire. Lazare de Baïf avait pour son temps un rare savoir, comme îl l'a prouvé danfe ses petits traités sur les vases, les vêtements et les navires des anciens. En outre, il prétendait au premier rang parmi les, poètes de la cour. Ses traductions en vers des tragiques grecs ne sont pas encore méprisées. Quand il mourut, Ronsard put dire sans trop d'emphase :

L'excellence

De la France Mourut en Budé prennière :

Et encores

Morte est ores Des Muses Tautre lumière.

Nous n'ouhlierons pas Jean Salmon, surnommé le Maigre ou Maigret , en latin Salmo, ou Salmonius Macrinus , qui se faisait appeler, sans fausse modestie, Y Horace français. Ou louait beaucoup ses odes latines, qui sont, en effet, bien plus ornées d'épithètes, d'antithèses, de jeux d'esprit, que celles d'Horace. Ce qui, d'ailleurs, lui faisait attri-

buer par toute la cour un très-grand mérite , c'est que toute la cour était louée dans ses vers. Il en avait fait d'abord pour les du Bellay, ses premiers

-^protecteurs; il en jfît ensuite pour tout le monde, et, suivant Scévole de Sainte-Marthe , son compatriote (car ils étaient l'un et l'autre de Loudun), il savait exploiter la vanité de ses nombreux Mécènes *. H quitta la cour pour se marier à une demoiselle de son pays , qui avait de la naissance et de la fortune, et mourut de vieillesse dans ses terres, en 1557. Varillas prétend qu'ayant été soupçonné de partager les sentiments des luthériens, il se noya dans un puits pour éviter le bûcher. Mais c'est encore une fable de Varillas.

On comptait, en outre , à la cour de François I*', . dans l'aimable bande des poètes , Joachim du Bel-

u.Jay, Nicolas Bourbon, Charles Fontaine, La Borderie. Il n'y manquait que Rabelais et Sadolet. Mais Rabelais et Sadolet, pour des raisons diverses, se tinrent éloignés de la cour. C'était un lieu trop élégant pour la liberté cynique de Rabelais, et trop peu sévère pour la pieuse simplicité de Sadolet. Évèque d^ Carpentras, Sadolet, par goût ou par

1. oc Âdhsesit Bellaiis fratribus, liberalissimis Musarum patro- « nis, quos et reliquos item aulae proceres ipsumque regem dura « lyricorum suorum blanditiis demulcet acdemeretur, diumuloc tumque celebris et gratiosus in aulae comitatu floruit. » Elogia Scxvolx Sammarthani.

respect pour ses fonctions pastorales, voulut consacrer tout entier. François l'ayant prié de nir à la cour, il lui répondit : « Grand roi, je d rirai toujours le souvenir de vos bontés, et je v( admirerai toute ma vie du fond de ma retrail mais puis-je quitter l'épouse et les enfants ( Dieu m'a confiés? » Et, en effet, il ne les qu pas , même lorsqu'il fut nommé cardinâJ. ^

François éprouva plusieurs de ces i^e^l, et ne moigna pas qu'il en ftit blessé. Erasme *ét Sadt avaient suivi l'exemple de Jean Ruel, r^on me célèbre comme médecin que comme helléni:

François I", Louise de Savoie et Guillaume Bu qui l'appelait Y aigle des interprètes, firent de vai démarches pour l'attirer à la cour; il s'obsti] malgré leurs prières, à demeurer avec ses livres, quand il eut perdu sa femme, compagne dévo de ses travaux sans profit, sinon sans gloire, il cepta d'Etienne Poncher un canonicat dans l'Ég de Paris. 11 mourut d'une attaque d'apoplexie , corrigeant quelque texte grec^ Un si noble dés téressement est certes digne de grands éloges, si François en eût pris ombrage , il eût manqué goût et d'esprit.

Il recherchait quelquefois la compagnie des poë mais il voulait tous les jours passer quelques heu

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