Anquetil, Histoire de France , François I". La Chronique
If
çay, son procès dura sept mois et se termina par une sentence de mort, rendue dans les termes les plus équivoques. Il fut vaguement convaincu d'avoir mal administré les finances dU royaume. Le lundi 12 août 1527, on le tira de la Bastille , et on le plaça, vêtu d'habits de deuil, sur une mUle qui le conduisit à pas lents vers Montfaucon. Le peuple se déclara pour le pauvre vieillard, et des murmures s'élevèrent jusqu'au trône. Apologiste zélé de François I", Brantôme ne peut lui pardonner la mort de Semblançay. Il l'en accuse en ces termes : « Aucuns ont dit qu'il fit mourir un peu trop légèrement M. de Saint-Blançay ; car, encore qu'il eust fait faute , il devoit lui pardonner pour son honorable vieillesse , ses longs services faits à quatre rois.... » Le langage de Clément Marot est moins réservé :
Lorslque Maillart, juge d*enfer, menoit A Montfaucon Semblançay Tàme rendre,
conservée par Gaignières annonce son arrestation en des termes fort vagues : « Quelque peu de temps après (1537) , comme le roi était en Picardie , fut pris et constitué prisonnier par monsieur maistre Jean Morin , lieutenant criminel de Paris, en sa maison , et mené d'ilec en la Bastille , le président Gentil , natif du pays d'Italie , procureur pour le roi à la tour carrée à Paris ; et tous ses biens pris et saisis , et depuis vendus à cri public par les lieux accoutumés à faire venditions de meubles. » Ordinairement notre chroniqueur est beaucoup moins discret.
A votre avis, lequel des deux tenoit
Meilleur maintien? Pour vous le faire entendre,
Maillart sembloit homme qui mort va prendre,
Et Sembla nçay fut si ferme vieillard
Que Ton cuidoit*, pour vrai, qu'il menât pendre
A Montfaucon le lieutenant Maillart*.
Un poète latin osa même faire une plus cruelle épigrammc. François I", écrivant ou parlant à Semblançay , l'appelait familièrement : Mon père y mon 0her père. Nicolas Grudius, voyant le fils con-