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Les hommes d'épée.
Si nous écrivions l'histoire du règne et non de la cour de François I*', nous voudrions commencer ce chapitre par le nom de Bayard.
Mais Bayard ne fut jamais de la cour. Téte-Dieu! (c'était son juron favori), s'il eût connu Fontainebleau, de quel visage eût-il accueilli tous ces beaux messieurs, toutes ces belles dames, qui fétoyaient du soir au malin dans les appartements du roi? Un tel spectacle eût révolté sa mâle vertu. On ne vit
guère davantage à la cour La Trémoille, Daillon du Lude, et tous ces autres vaillants capitaines, dont Jean d'Authon nous raconte les hauts faits dans son histoire du règne de Louis XII. A ceux qui pouvaient encore servir, François confia des gouvernements militaires : les autres, chargés d'ans, prirent leur retraite , et n'eurent plus d'autre exercice que de chasser le cerf et le renard dans leurs agrestes patrimoines. Ils eussent été, les uns et les autres, pris pour des rustres dans cette cour élégante, dont les mœurs efféminées, presque païen- ^ nés , eussent offensé leur ombrageuse austérité.
« Quels sont, dit un des discoureurs de Louis Vives, quels sont ces jeunes gens si bien attifés, parés de si beaux habits de fêle, qui toujours marchent à la suite du roi, et que je vois, les uns souriant, les autres ouvrant la bouche comme tout émerveillés? — C'est, lui répond son interlocuteur, la troupe des plus chers amis du prince, ceux qui font ses délices et sa joie *. »
A ce portrait on ne reconnaît pas les familiers de Loràs XII, mais ceux de François 1". Ceux-ci vénéraient sans doute les anciens preux ; cependant ils ne leur ressemblaient guère. L'antique rudesse avait cédé la place à de plus délicates et plus molles habitudes. Les gentilshommes attachés aux pas de François