‹ François Ier [i.e. premier]: portraits et récits du seizième siècleChapitre 10 sur 40 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

francs-archers, mais elle temporisa pour le reste, disant sagement qu'avant de renvoyer Suisses, Allemands et Génois, il fallait au moins être sur que les gens de pied levés en France sauraient les remplacer. Charles VIII ne toucha pas à l'organisation de l'armée. Louis XI l'améliora sans y rien changer de fondamental. Par économie, il renvoya les Suisses et fit revivre les vieilles ordonnances sur les francs-archers, dont il confia Tinstruction et le commandement aux meilleurs gens de guerre. Les armées alors étaient peu nombreuses . Les forces du royaume laissées par Louis XII à François P', et qui paraissaient considérables, sont de soixante mille hommes. A Marignan, pour les Français, quarante mille combattants, nombre gigantesque; à Pavie, vingt à vingt-cinq mille de chaque côté.

François I"", comme nous le verrons, en créant une véritable infanterie française et lui donnant une nouvelle importance sur le champ de bataille, peut être considéré comme le fondateur de l'armée moderne.

DE l'armée du roi.

Ainsi, au seizième siècle, l'armée du Roi rappelle encore dans ses deux grandes divisions l'idée féodale : la cavalerie, l'arme noble; et l'infanterie, l'arme plébéienne.

La cavalerie comprend les compagnies d'ordonnance, les chevau-légers, la garde royale et les volontaires; l'infanterie, les compagnies françaises et les étrangers.

Les compagnies d'ordonnance, tirées du meilleur de la noblesse, sont commandées chacune par un capitaine

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nommé par le Roi et qui exerce duns son corps une autorité souveraine.

La compagnie est de cent lances fournies, chaque lance comprenant, outre le gendarme, cinq à sept hommes delà suite. La présence de ces nombreux serviteurs s'explique par la nature de Farmement. Le gendarme, enefFet, revêtu du sommet de la tète à la plante des pieds d'une lourde et écrasante armure, est monté sur un cheval de bataille, comme lui bardé de fer et d'une espèce extraordinairement grande et forte, appelé destrier \ Ses armes sont : la masse, Vépée, le poignard, Yestoc, la taille et une longue lance de sept à huit pieds, couchée en arrêt, la pointe en avant, et appuyée contre le crochet ou faucre attaché à l'armure.

Dans cette attitude, les gendarmes, massés au centre de l'armée, forment la bataille, pendant que leurs suites composées pour chacun dé trois à cinq archers, d'un coustellier, d'un page ou varlet *, — ceux-ci tous revêtus d'armure lé-

1 Les pièces qui composent à cette époque rarmement d'un clieraHer sont : le casque, appelé armet; le cotletin, défendant le col et la poitrine, et supportant le poids de l'armure des bras et du corps; la cuirasse, composée du plastron, de la dossier e et de la pansière, partie inférieure du plastron ; Varrêt de lance ou faucre, au côté droit du plastron, pour appuyer la lance en arrêt; la braconnière, descendant de la cuirasse vers les cuisses; les tassettes, fixées à la dernière lame de la braconnière, pour compléter la défense des cuisses ; les garde^reins, pour défendre les reins ; les brassards, articulés au coude, pour le bras et Tarrière-bras ; Vépaulière, qui relie les brassards à la cuirasse ; les cuissards ou cuissots, pour les cuisses ; les grèves et les genouillères, pour la partie inférieure des jambes; les pédieux ou solerets, pour le pied; les gantelets, pour les mains. — Catalogue du Musée d'artillerie, p. 157.

* Les archers portèrent des armes à feu dès le début du règne de François H', et aussi des haclies, des massues, des épées courtes ou de longs coutelas. Le coustellier était ainsi appelé d'un couteau long et effilé qu'il portait à la ceinture, comme la baïonnette de nos fusiliers d'aujourd'hui. Les pages ou varlets n'étaient nullement des domestiques au sens où nous entendons ce mot aujourd'hui, mais des jeunes gens de condition qui faisaient l'apprentissage des armes sous un maître. Cette condition représen-^ tant le premier degré, on y entrait vers quinze ou dix-sept ans. Quand le

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