‹ François Ier [i.e. premier]: portraits et récits du seizième siècleChapitre 11 sur 40 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

gère et montés sur. des chevaux de rapide allure, — voltigent en groupe sur les flancs, à portée de leurs ordres. Ce sont les gendarmes qui engagent d'ordinaire le combat, en se précipitant sur Fennemi avec cette ardeur bien connue des Italiens, \^ furia francese. Ce premier choc, la charge^ qu'on renouvelle parfois à plusieurs reprises, est formidable. Toutes les lances y volent en éclats. Les combattants alors, saisissant Tarme courte, s'escriment corps à corps contre l'ennemi, mais souvent à grand'peine, à cause de la pesanteur de l'armure et de la lourdeur du cheval.

Pendant ce temps, la cavalerie légère, évitant le premier choc qui l'aurait culbutée inévitablement, en a 3uivi de loin toutes les péripéties, et, au moment de la mêlée, les serviteurs volent à la rescousse de leurs maîtres. Si la gendarmerie opposée a été rompue, ils se précipitent au milieu d'elle pour empêcher le ralliement, harcelant l'ennemi de mille manières, le paralysant, l'étourdissant par toutes sortes de coups imprévus. Souvent, plusieurs d'entre eux se mettent en groupe pour envelopper un gendarme ennemi, se jettent sur lui comme une volée d'abeilles, l'attaquent à coups de massue et de hache, le renversent, le tuent, le désarment ou le font prisonnier. Si l'armée ennemie a le dessus, ils s'insinuent dans ses rangs, ils aident à se relever les chevaliers à terre, les débarrassent de leurs lourdes armures, leur amènent des, chevaux plus légers pour fuir, enfin leur rendent tous les services du champ de bataille.

La seconde division de la cavalerie, les chevau-légers, se recrute de préférence dans la petite noblesse ou la haute bourgeoisie. Ceux-ci jouent vis-à-vis de l'armée entière un rôle analogue à celui des archers auprès des gen-

page avait servi un certain temps en cette qualité ou s'était signalé par quelque fait d*arme, il était promu au grade d'archer, puis de gendarme*

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darmes. Gomme eux légèrement armés et montés, ils ne portent jamais le poids de la bataille, mais interviennent à rbeure propice. Ils servent surtout à escarmouclier, quand Fennemi se retranche dans ses positions, pour Texciter à en sortir. Ils font les reconnaissances, escortent les convois de vivres ou le matériel de Fartillerie, poursuivent les ennemis en ftiite, font des prisonniers.

 côté des chevau-légers se voient les Estradiotes ou Albanais, Grecs venant des places vénitiennes, remarqués pour leur agilité et leur valeur. Vêtus à la turque, sauf la tète sans turban, ils n*ont d'autres armes qu'une lance courte, parée d'une banderole, et un yatagan, — appelé cimeterre par Gommines et poignard par Jean d'Âutun, — qu'ils portent derrière le dos couvert du pan de leur robe * . « Ce sont de dures gens, — dit encore Gommines; — ils couchent dehors toute l'année. »

La garde royale représente un corps d'élite choisi par le Roi, qui l'entoure, le couvre, le défend pendant les batailles, et se tient toujours à ses ordres.

Les volontaires sont de jeunes nobles riches qui s'exercent à la guerre et courent les aventures, en attendant un commandement. Équipés et vivant à leurs frais, tantôt ils se rangent dans une compagnie d'ordonnance, sous les ordres du capitaine, tantôt, étant assez nombreux, ils se groupent, forment un corps, et le Roi leur donne un chef. Dans la seconde division de l'armée, l'infanterie, les compagnies françaises sont les arquebusiers, les archers, les arbalétriers^, tirées ordinairement de la petite bourgeoisie et du peuple. Les municipalités qui les recrutent veillent aussi à leur fourniment. Elles reviennent en réa-

' QuiGHBRAT, Histoire des costumes,

^ Ces deux dernièrea dénominations persistent au seizième siècle, alors \ que Tare et Tarbalète étaient déjà remplacés par les aiinés à feu.

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