IV INTRODUCTION
des chefs, ni à la spontanéité des soldats. L'armée, aujourd'hui, fait des combattants les rouages d'un mécanisme magnifiquement combiné, mais sans âme et sans vie. Au temps dont nous parlons, la science était moins, l'homme était davantage. La vaillance, l'audace, l'esprit d'initiative, l'élan, l'ardeur étaient les premières qualités d'un homme de guerre, et la guerre aussi les lui donnait.
l'esprit féodal survit a la féodalité.
Si l'armée royale se distingue de l'armée féodale par une organisation plus concentrée et plus forte, les grands traits de la féodalité s'y retrouvent pourtant dans l'in* dépendance des chefs et la diversité des corps. Or les mêmes traits se reconnaissent avec un caractère plus marqué encore dans la vie civile. La transformation s'étant, en effet, opérée d'elle-même, sans lutte de classé, sans rupture de tradition, le vieil esprit s'est perpétué dans les nouveaux moules, et il est arrivé même, — chose curieuse, — qu'au moment où la féodalité disparaissait dans la hiérarchie des terres et le service des armes, elle s'étendait aux couches profondes de la bourgeoisie et du peuple, dont elle n'avait pas prévu l'organisation.
La féodalité, à l'origine, ramenait toutes les fonctions publiques à la personne du seigneur. Mais à mesure que s'accroît la richesse et que se complique l'activité sociale, les petites souverainetés se désagrègent, et en même temps les fonctions se multiplient. On les délègue alors à une nouvelle classe d'hommes, et par une extension naturelle du système féodal, elles prennent entre leurs