‹ François Ier [i.e. premier]: portraits et récits du seizième siècleChapitre 14 sur 40 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

mains un caractère de fief. Ainsi en est-il de la justice remise aux sénéchaux, baillis, prévôts, et à tous les magistrats parlementaires ^ ; ainsi des offices de l'administration, la perception des impôts, la gruerie ou juridiction des forêts, le péage des ponts et des routes, l'escorte des marchandises aux foires, le change de la monnaie, les étuves publiques, les fours banaux des villes, etc.*. Toutes ces fonctions deviennent des propriétés patrimoniales, et ceux à qui on les délègue peuvent les déléguer à leur tour, et dans les mêmes conditions. Bien plus, les collectivités particulières qui s'organisent peu à peu pour la défense des droits naturels ou T exercice du travail libre, les communes de hameaux, de villages, de villes, les corporations d'enseignement, d'art, de métiers, etc., s'approprient également les moules de la féodalité en remplaçant l'hérédité par l'élection. Ce n'est pas la monarchie qui suscite ce mouvement, comme on l'a d'abord cru. Il natt de lui-même, des besoins de défense et de conservation appliqués au travail et à la liberté personnelle ; seulement la monarchie le favorise, parce qu'il lui sert de point d'appui contre les prétentions des seigneurs. D'autre part, ces nouveaux groupes, ayant moins à redouter d'une autorité éloignée que d'une autorité prochaine, en appellent au Roi dans toutes leurs querelles, ouvrent ainsi à son pouvoir une fissure par laquelle il trouvera le moyen de passer tout entier^. Ce mouvement, qui achève en haut la destruction des institutions féodales, en perpétue si bien l'esprit, que les nouveaux groupes, après s'être appuyés du Roi pour se soustraire aux seigneurs, tendent mainte-

' LoTSBAU, De la propriété et des offices, p. 17.

' AussEL, Usage général des fiefs, t. I, p. 42. Cité par GuizoT, Histoire de la civilisation, t. III, p. 360.

^ Gbarles Seicnobos, De la féodalité en Bourgogne,

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