XL INTRODUCTION
Sans doute , une telle transformation ne pouvait s'accomplir sans trouble. Mais à une époque où la royauté possédait encore tout sop prestige, ces troubles auraient été loin de ceux qui ont agité TÂngleterre et TAUemagne, loin surtout de Thorrible guerre civile qui, dans un pays aussi monarchique que la France, devait tenir pendant quarante ans la monarchie en échec. C'est à cette guerre dévastatrice, soutenue contre toutes les forces de TÉtat par les seules forces privées, qu'on peut mesurer dans notre pays les profondes racines de la Réforme. La France la voulait, elle était dans son histoire, dans son esprit, dans ses mœurs, et si elle a fini par succomber, ce n'est pas du fait de la nation^ mais par un concours de 'circonstances qui lui sont étrangères : l'incapacité politique de François I" unie à une personnalité fougueuse qui, en dépit de tendances généreuses et hautes, le portent à précipiter le mouvement de centralisation despotique de la monarchie ; la même incapacité continuant avec Henri II, aggravée de la faiblesse qui permet aux partis de se constituer; le mariage espagnol ouvrant la France au fanatisme sombre et cruel de Philippe II; l'insatiable ambition et la surprenante audace de MM. de Guise, favorisées par l'avènement au trône de leur nièce Marie Stuart; enfin la faiblesse, l'irrésolution et l'esprit de mensonge de Catherine de Médicis, qui livre alternativement la nation à tous les partis, sans jamais créer le parti de la nation,