‹ François Ier [i.e. premier]: portraits et récits du seizième siècleChapitre 8 sur 40 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

mille sergents à cheval ou satellites, dont il confie le commandement à un officier de sa maison qui prend le nom de maréchal. Pour bien marquer que ce corps est soustrait au lien féodal, le maréchal, en entrant en fonction, prête un serment par lequel il reconnaît la non-hérédité de sa charge. Philippe-Auguste constitue aussi un corps d'infanterie, divisé en bandes, sous le commandement d'un officier général, le Roy des Ribauds, et parmi ces troupes il choisit un corps d'élite, les sergents à pied, dignes de marcher à côté des sergents à cheval; il crée un service spécial d'artillerie * , avec des troupes de pied minours ou ingéniours, sous les ordres d'officiers appelés maîtres des œuvres du Roy; enfin il réunit toutes les troupes d'infanterie entre les mains du grand maître des arbalétriers, comme les troupes de cavalerie étaient entre les mains du maréchal, et il place ces deux chefs sous les ordres du grand sénéchal qui commandait à toute l'armée. Plus tard, la charge de sénéchal tendant à devenir une sorte de fief dans la maison d'Anjou, à la mort du dernier titulaire, en 1150, Philippe-Auguste en partagea les fonctions entre deux nouveaux officiers, le connétable et le grand maître de la maison du Roi. Le premier connétable fut Mathieu de Montmorency.

Par ces trois mesures : la constitution d'un trésor militaire, l'affranchissement des cadets de la noblesse et l'organisation d'une hiérarchie d'officiers amovibles sous ses ordres directs, Philippe- Auguste créa donc la première armée royale. Chose à remarquer, les seigneurs eux-mêmes, fatigués des charges onéreuses et tyranniques du régime féodal, n'y firent aucune opposition. Insouciants du fait de la vie guerrière, toujours manquant d'argent, la solde

1 Dès avant l'usage de la poudre, on appelait artillerie Fensemble de tous les gros engins de guerre.

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du Roi avait pour eux de grands avantages, et ils entraient avec empressement dans son armée.

Après Philippe-Auguste, saint Louis porta le plus grand coup à la féodalité, en interdisant aux seigneurs, — par un édit appelé quarantaine-le'Roy , 1245-1257, — la guerre privée dans ses domaines. La petite noblesse se trouva ainsi afFranchie des convocations en vue de querelles particulières, et les suzerains furent réduits à commander les mobilisations royales. Les baillis du Roi tinrent dans chaque fief les rôles des hommes d'armes.

En 1275, un nouvel édit de Philippe le Bel autorise les roturiers ^à acquérir des terres nobles moyennant une redevance qui les rachète du service militaire, et, en 1290, divers autres édits du même Roi régularisent les milices bourgeoises et instituent en faveur de ceux qui resteront disponibles atout appel duRoi, wnesoXàeàïiG de petite paye.

Au quatorzième siècle, Tintroduction des étrangers dans Tarmée à titre de troupes régulières, Tusage de la poudre et la création d'une administration militaire, accroissent dans une grande proportion Timportance de Tarmée royale. Parmi les gens de pied, les premiers étrangers qui prennent place dans notre armée sont les arbalétriers génois, puis la garde écossaise sous Louis XI, et enfin les Suisses et les Allemands. Dans la cavalerie, des nobles de diverses nations entrent avec leurs hommes d'armes moyennant des pensions ou fiefs de soudée.

La découverte et l'emploi de lapoudre, qui datent de la même époque, sont enveloppés d'obscurité. Le premier document qui en fasse mention est une quittance de juillet 1338, parlant d'un achat de salpêtre et de soufre vif « pour faire poudre et traire garrots à feu * » (lancer des

* Dictionnaire historique de Lalanne. Voyez Poudre.

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