‹ Francois Jaffier drame en cinq actesChapitre 15 sur 46 · ANTOINETTE, DURESNEL, PICARD · texte numérisé non relu

ANTOINETTE, DURESNEL, PICARD

picard. La Gazette de la cour et des lettres.

DURESNEL. Du Ilàvrc ?

picard. De Paris et duHAvrc.

(11 tort.)

dcresnel. Allons , mon sort est dans mes mains!.. Il est clair que M. de Sartines a voulu ine tromper, et que... ( Il ouvre la lettre.) « Le brick X Amphylrion,

» commande par le capitaine Lenoir, a » sombré hier en vue de la rade... » Enfer!... ( continuant ) « toute la cargaison a » péri. » Et notre dernière espérance s’est abîmée avec elle!.. Capitaine Lenoir!..

plus de doute !.. je suis perdu !

(Il s'OASÎcfl.)

ANTOINETTE, venant à lui. Mon ami !

duresnel. Que me voulez-vous?

ANTOINETTE. Cette lettre...

duresnel. M'annonce une mauvaise nouvelle., .j’en conviens ; mais tenez, celleci en renferme une bonne. ( Antoinette retourne à sa toilette et le regarde de temps en temps d’un air inquiet. Il prend une autre lettre et V ouvre convulsivement . ) Qu’est-ce ue cela signiBe? (// lit. ) Dixième couplet e la chanson nouvelle :

« On ne parle dans la ville » Que du refus solennel 9 De madame Durcsnel ;

• Mais monsieur de Mondoville 9 Dirait peut-être pourquoi » On dédaigne un si grand roi !... »

Encore!., ce second avis me fait deviner d’où partait le premier... Le piège est bien dressé , M. de Sartincs ; vous voudriez me prouver que je suis dupe de mes scrupules!.. elle me tromperait... elle, qui, tout-à-l’heure encore... c’est impossible !.. Mondoville!... et cependant elle porte à ce jeune homme un intérêt singulier... je m’en suis aperçu plusieurs fois... s’ils étaient en effet d’intelligence?.. Ali! misérable que je suis !.. je me sens au bord d’un crime ; ma conscience se révolte et me pousse en arrière; mais je fais tout ce uc je puis pour capituler avec elle ; et, ans la pensée de me rendre moins coupable, je vais accuser d’une trahison celle que je suis au moment de trahir !

ANTOINETTE. Henri, au nom du ciel, dissipez mon inquiétude ; il se passe en vous quelque chose d extraordinaire ; et dussc-je attirer sur moi votre colère...

DURESNEL. Qui... moi , madame, vous me voyez tout-à-fait remis ; ces deux lettres ne laissent pas plus de traces dans mon esprit qu’elles ne laisseiont de cen-

dres dans votre foyer... (D les jette au feu.) Adieu, l’heure s'avance, et je veux donner les derniers ordres... Je crains que l’événement arrivé cette nuit à Versailles ne nous enlève beaucoup de inonde...

Vous savez de quoi je veux parler?

ANTOINETTE. Non.

DU R ESN EL , revenant à elle et la considérant avec beaucoup d'attention . Cette nuit,

* au bal masqué de Trianon , le chevalier de Gondrecourt a été frappé d’un coup de poignard... par un homme qu’on n’a pas arrêté. .. Par un hasard étrange, il venait de prendre un costume absolument pareil à celui de M. de Mondoville...

ANTOINETTE. Grand Dieu!..

duresnel. Aussi prétend-on que l’assassin s’est trompe de victime, et que c’est M. de Mondoville qu’il voulait tuer.

ANTOINETTE. Le tuer!

duresnel. Vous lui portez un bien vif intérêt, madame...

(Il M-rl.J

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